Québecor reproche à Bell de ne pas lui verser de redevances reflétant la juste valeur de ses chaînes spécialisées, en particulier TVA Sports, et de ne pas offrir cette dernière dans son forfait de câblodistribution le plus populaire.

Malgré les importantes pertes financières, PKP se range derrière TVA Sports

MONTRÉAL - Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, ne regrette pas d’avoir lancé TVA Sports, et ce, même si la chaîne lui a coûté des dizaines de millions de dollars depuis sa création, en 2011.

Les performances en dents de scie du Canadien de Montréal ont notamment eu une incidence sur les revenus publicitaires au cours des dernières années, ce qui en a incité plus d’un à se questionner quant à la viabilité de cette chaîne spécialisée qui a perdu plus de 150 millions $.

«Peut-être que nous avons été un peu naïfs, a déclaré M. Péladeau, jeudi, en anglais, dans le cadre d’un point de presse au terme de l’assemblée annuelle du conglomérat québécois. Nous avons été patients. Mais il y a toujours une limite à la patience.»

Lors de la période des questions, un actionnaire a par ailleurs interpellé le grand patron du conglomérat en lui demandant à quel moment la rentabilité serait finalement au rendez-vous pour la chaîne sportive.

Le mois dernier, Québecor avait suspendu le signal de TVA Sports destiné aux abonnés de Bell jusqu’à ce qu’un juge ordonne le retour du service.

Québecor reproche à Bell de ne pas lui verser de redevances reflétant la juste valeur de ses chaînes spécialisées, en particulier TVA Sports, et de ne pas offrir cette dernière dans son forfait de câblodistribution le plus populaire.

«D’une part, obtenir les redevances, et d’autres part, la pénétration au niveau de la plateforme de distribution (chez Bell) va nous permettre d’atteindre la rentabilité», a clamé M. Péladeau.

Il a par ailleurs indiqué que Québecor allait contester, en Cour fédérale, la validité de l’article 15 du règlement du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui oblige le maintien du service lorsqu’il y a un litige entre les parties.

L’actionnaire de contrôle de Québecor a également indiqué que le conglomérat allait continuer de tenter de négocier avec Bell, même s’il n’entretient «pas énormément d’espoir» de ce côté.

Avant la tenue de son assemblée annuelle, l’entreprise établie à Montréal a également dévoilé ses résultats du premier trimestre en plus d’annoncer qu’elle allait plus que doubler son dividende trimestriel, qui passera à 11,25 cents par action.

Pour le premier trimestre terminé le 31 mars, Québecor a engrangé un bénéfice net de 189 millions $, ou 74 cents par action, en hausse par rapport à 57,1 millions $, ou 24 cents par action, à la même période il y a un an.

De leur côté, les revenus se sont établis à 1,03 milliard $, comparativement à 1 milliard $ lors du premier trimestre de l’exercice 2018.

Si le secteur des télécommunications a vu ses recettes progresser de 2,7 pour cent, à 840,7 millions $, la facture moyenne d’abonnement a fléchi de 1,4 pour cent, à 52,50 $, du côté de la téléphonie mobile.

«Cela s’est avéré sous notre prévision de 53,09 $ en raison des prix moins élevés du fournisseur de téléphonie cellulaire et internet à bas prix Fizz et de la popularité des forfaits de type «apportez votre appareil»», a souligné l’analyste Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

Abstraction faite des éléments non récurrents, Québecor a engrangé un bénéfice par action de 44 cents pour les activités poursuivies, comparativement à 38 cents par action il y a un an.

La performance trimestrielle du conglomérat a été conforme aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit ajusté de 44 cents et sur des recettes de 1,03 milliard $.

À la Bourse de Toronto, l’action de Québecor a clôturé à 32,77 $, en baisse de 52 cents, ou 1,56 pour cent.