Ce projet d’envergure s’étalera sur cinq ans. Des entretiens seront menés avec des gens qui sont employés à temps plein et qui vivent actuellement avec un trouble de santé mentale ou qui l’ont vécu récemment.

L’Université d’Ottawa s’intéresse à la santé mentale en milieu de travail

Une équipe de chercheurs de l’École de gestion Telfer, à l’Université d’Ottawa, lance un projet de recherche visant à faciliter les conversations entre employeurs et employés au sujet de la santé mentale.

Ce projet d’envergure s’étalera sur cinq ans. Des entretiens seront menés avec des gens qui sont employés à temps plein et qui vivent actuellement avec un trouble de santé mentale ou qui l’ont vécu récemment.

L’objectif principal consiste à déterminer comment les gestionnaires peuvent instaurer un climat favorable dans lequel les employés oseront parler plus librement de leurs soucis en matière de santé mentale.

«On va mettre en place un programme de formation pour les cadres pour leur donner les connaissances et les habiletés nécessaires pour pouvoir créer un contexte de travail dans lequel les gens vont se sentir à l’aise de parler de défis de santé mentale et de demander l’appui nécessaire», a expliqué le directeur du projet de recherche, Laurent Lapierre.

La peur d’être étiqueté, jugé et en butte à la discrimination peut décourager les employés à discuter de leur santé mentale dans leur milieu de travail. Pourtant, la divulgation volontaire peut aider les employeurs à fournir aux employés le soutien et les mesures d’adaptation dont ils ont besoin.

Selon M. Lapierre, «plusieurs personnes, peut-être même la majorité des personnes qui souffrent de troubles de santé mentale, ne vont pas en parler et vont continuer à souffrir».

«On va voir dépérir leur contribution au travail, leur présence ou leur niveau d’engagement», a-t-il ajouté. Selon lui, ils sont convaincus que les conséquences seront négatives pour leur carrière, pour leur avancement.

Chaque année, selon la Commission de la santé mentale du Canada, un Canadien en âge de travailler sur cinq sera aux prises avec la dépression, l’anxiété ou une autre forme de maladie mentale. Environ 30 % des demandes de prestation d’invalidité à court et à long terme en découlent, représentant plus de 6 milliards $ par an en perte de productivité, en absentéisme et en roulement de personnel.