Les ventes de Loto-Québec pour les paris sur les événements ont atteint près de 77 millions $ en 2017.

Loto-Québec: plus payant de miser en ligne qu’au dépanneur

Afin d’attirer davantage de parieurs vers son produit Mise-O-Jeu + en ligne, Loto-Québec offre sur le web des gains jusqu’à 30 % plus alléchants, pour une mise équivalente, que ceux offerts chez un commerçant. Malgré cette offensive, la société d’État assure qu’elle n’a pas l’intention de retirer ce produit de ses valideuses.

C’est le site DepQuébec.com qui a relancé le débat envers cette mesure qui est en place depuis 2015. Elle vise à mousser les ventes en ligne.

«Lorsque Loto-Québec a lancé Mise-o-jeu+, disponible uniquement en ligne, l’objectif était de bonifier l’offre de paris sportifs afin de mieux se positionner face à la forte compétition», explique le porte-parole de Loto-Québec, Renaud Dugas.

«Mise-o-jeu+ est complémentaire à Mise-o-jeu [offert chez un détaillant]. D’ailleurs, depuis le lancement de Mise-o-jeu+, les ventes tant en ligne que celles chez les détaillants sont toujours en progression», poursuit-il.

Pour son année financière 2016-2017, la société d’État a enregistré une augmentation des ventes pour les paris sur les événements de l’ordre de 16,5 % par rapport à l’année précédente, «soit la plus grande croissance parmi les juridictions canadiennes», peut-on lire dans les documents de Loto-Québec.

«Plus de 255 000 questions ont été proposées aux parieurs de Mise-O-Jeu», ajoute-t-on.  Les ventes, par Internet et en dépanneur, ont atteint près de 77 millions $.

À titre de comparaison, pour chiffrer l’engouement envers les paris sur les événements sportifs, politiques, culturels et artistiques, en 2013-2014, les ventes s’établissaient à 56 millions $.

Pour l’heure, l’offre de gains supérieurs n’est disponible que pour les produits de Mise-O-Jeu+. La direction de Loto-Québec n’envisage pas d’exporter cette formule vers d’autres loteries, comme Lotto 6/49 ou Lotto Max. Et il n’est pas question de retirer cette offre de chez les détaillants.

«C’est n’est pas du tout dans nos plans, au contraire d’autant plus que les ventes chez les détaillants sont toujours en progression», répond M. Dugas.

Baisse des ventes?

Du côté de l’Association des marchands dépanneurs épiciers du Québec (AMDEQ), on promet de suivre le dossier de près. Actuellement, les loteries représentent environ

25 % des revenus des dépanneurs. Et rappelons que pour certains tirages, lorsqu’on gros lot est remporté, l’établissement qui a vendu le billet gagnant reçoit une commission.

«Le commerce de proximité a toujours sa place. À court terme, je ne vois pas de problématique, mais à long terme, il faudra voir. Est-ce qu’il pourrait y avoir une baisse des ventes? Peut-être», avance au Soleil le directeur général, Yves Servais. «Je pense que la vente avec un contact direct sera toujours la meilleure façon pour acheter de la loterie. Mais comme pour plusieurs industries, il y a de nouvelles technologies», poursuit-il.

Le grand patron de l’AMDEQ espère que Loto-Québec continuera de limiter son offre bonifiée à certains produits ciblés. «Cela serait malvenu de leur part de traiter de cette façon, en augmentant les avantages de miser sur le web, des partenaires d’affaires de longue date, qui ont contribué à la mise en marché de leur loterie. Si Loto-Québec invite davantage les consommateurs à acheter en ligne, cela pourrait représenter une problématique sur le long terme», conclut-il.

99,15 $ ou 125,50 $?

Avec une mise de deux dollars, jeudi, un parieur qui choisissait de miser en ligne avec Mise-O-Jeu+ sur les victoires en soirée dans la Ligue nationale de hockey des Coyotes de l’Arizona, des Blue Jackets de Columbus, des Flyers de Philadelphie, des Islanders de New York, des Sénateurs d’Ottawa et des Red Wings de Detroit pouvait espérer remporter 125,50 $. Chez un détaillant, pour le même pari, le gain potentiel était de 99,15 $, peut-on lire sur l’application de Mise-O-Jeu+.