Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Selon les principes de l’investissement responsable, les entreprises qui œuvrent dans les secteurs de l’armement, du tabac, du nucléaire et des énergies fossiles sont exclues d’emblée. Il y a toutefois certaines exceptions, soit pour l’extraction pour la fabrication de matériel médical pour le nucléaire. Ou lorsque la source d’énergie sert à effectuer une transition énergétique d’une source polluante vers une moins polluante, dans le cas du nucléaire et des énergies fossiles.
Selon les principes de l’investissement responsable, les entreprises qui œuvrent dans les secteurs de l’armement, du tabac, du nucléaire et des énergies fossiles sont exclues d’emblée. Il y a toutefois certaines exceptions, soit pour l’extraction pour la fabrication de matériel médical pour le nucléaire. Ou lorsque la source d’énergie sert à effectuer une transition énergétique d’une source polluante vers une moins polluante, dans le cas du nucléaire et des énergies fossiles.

L’investissement responsable, encore méconnu

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
L’investissement responsable a la cote, mais souffre encore un peu de la méconnaissance de la part du public et des investisseurs.

Desjardins Société de placement a commandé un sondage SOM à la fin de 2020 dans lequel 28 % des Canadiens croient que le rendement de l’investissement responsable serait inférieur à celui de l’investissement traditionnel (lire plus loin).

D’abord, selon les principes de l’investissement responsable, les entreprises qui œuvrent dans les secteurs de l’armement, du tabac et du nucléaire sont exclues d’emblée. Celui des énergies fossiles est exclu des Fonds Socié-Terre de Desjardins depuis quelques temps. Il y a toutefois certaines exceptions, soit pour l’extraction pour la fabrication de matériel médical pour le nucléaire. Ou lorsque la source d’énergie sert à effectuer une transition énergétique d’une source polluante vers une moins polluante, dans le cas du nucléaire et des énergies fossiles.

Au-delà des exclusions, l’investissement responsable repose aussi sur l’intégration de l’analyse des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans la sélection et la gestion des placements. Les entreprises qui contribuent au développement durable sont privilégiées.

À ce sujet, Les Coops de l’information se sont entretenues avec Marie-Justine Labelle, leader de pratique en investissement responsable chez Desjardins Société de placement, qui offre une gamme de produits d’investissement responsable avec des actifs sous gestion de 7,3 milliards $ au 31 décembre 2020.

Q  Pourquoi existe-t-il une telle perception de la part des gens quant à l’investissement responsable? 

Il y a beaucoup de gens qui pensent que l’investissement responsable, dans le fond, c’est (juste de) l’exclusion. On exclut des compagnies, on exclut des secteurs, des portefeuilles d’investissement... Et que, par ce fait même, on exclut des opportunités, donc le rendement sera moindre.

Mais dans le fond, c’est comme un peu un raccourci, parce que l’investissement responsable, c’est plus une intégration de plus de critères dans l’analyse financière qui fait qu’on a plus de chances d’aller chercher du rendement. On va regarder les facteurs environnementaux et sociaux. Avec plus de profondeur, on fait une analyse des risques de façon plus approfondie. Ça va aussi nous permettre d’avoir une meilleure vision des opportunités qu’il peut y avoir pour les compagnies. C’est comme ça qu’on peut potentiellement aller chercher plus de rendement.

Q  Est-ce que des expériences passées ont contribué à renforcer la croyance que les fonds responsables sont moins performants que les fonds traditionnels? 

Non, pas vraiment. Maintenant, ça fait plusieurs années que l’investissement responsable existe. Il y a plus de fonds. Là, on peut vraiment voir des études qui peuvent comparer les investissements traditionnels et les investissements responsables sur le long terme. Et ce qu’on voit, c’est que ce n’est pas le cas. On peut aller chercher des rendements égaux ou meilleurs avec l’investissement responsable.

Je vous dirais que c’est peut-être même le contraire [de votre question]. Vu que c’est un concept qui est encore nouveau. Ça fait un petit bout de temps que ça existe. Mais pour beaucoup de gens, dans le sondage, il y avait plus de 40 % des gens qui disaient que c’était la première fois qu’ils entendaient parler d’investissement responsable. Il y a donc un manque de connaissance et de notoriété par rapport à l’investissement responsable. C’est notre devoir, ça aussi, en tant qu’industrie, de faire de l’éducation par rapport à ça.

Par exemple, chez Desjardins, on a plus de 2500 employés et conseillers qui ont fait une formation en investissement responsable. Et on va continuer à les former et à leur fournir cette information. Parce qu’on voit qu’on satisfait les rendements et les gens disent qu’ils veulent aligner leur consommation dans tous les aspects de leur vie à leurs valeurs et on a des outils pour les aider à faire ça.

Q  Est-ce que la pandémie de COVID-19 a contribué à ce qu’il y ait un changement tant du côté des investisseurs des fonds responsables? 

Oui, en effet. Parce que dans les sondages, il y a eu un sentiment que les gens ont pris le temps de penser pendant la pandémie. Il y a vraiment eu une remise en cause, une prise de conscience collective. Que les gens pensaient plus à leurs finances, mais aussi ils ont fait une introspection sur l’alignement de leur consommation à tous les niveaux et, vous l’avez sûrement vu dans d’autres aspects de consommation, vraiment aligner ça à leurs valeurs. Puis, on a vu ça dans leurs actions, dans le sens que ça s’est un peu matérialisé chez Desjardins. Notre gamme de fonds SociéTerre, qui est notre gamme de fonds communs de placement d’investissement responsable, a été très populaire cette année. Et même à l’échelle du Canada, les produits d’investissement responsable ont connu une hausse de 55 %, cette année. Donc, pour répondre à votre question, oui, on l’a vu.

Q  Quel genre d’industries ou entreprise retrouve-t-on dans les fonds d’investissement responsable? 

R  On a plusieurs fonds d’investissement responsable. On a des fonds qui répliquent une classe d’actifs connus, on va dire comme des grosses compagnies mondiales. On réplique cette classe d’actifs là. Mais on va chercher les compagnies qui ont la meilleure performance au niveau environnementaux, sociaux et de gouvernance. Qui démontrent vraiment par leurs activités qu’elles veulent être positives dans ce qu’elles apportent à la société. Ça, c’est un aspect de nos fonds. On a un autre aspect de nos fonds qui sont plus des fonds thématiques. Par exemple, on a un fonds qui est le Fonds technologies propres. Donc, c’est là, vraiment d’aller voir dans ce monde-là, s’il y a des compagnies qui vont aller chercher un défi environnemental puis proposer une solution innovante à ce défi-là. Puis en même temps aller chercher une opportunité commerciale.

Q  Est-ce qu’il existe une étiquette qui peut certifier qu’un fonds en est un d’investissement responsable? 

À ce que je sache au Canada, on n’a pas ça. Il y a des développements en Union européenne pour un écolabel pour des fonds d’investissement, mais on n’a pas encore ça au Canada. C’est pour ça que nous, on prend ça à cœur, la robustesse de notre approche dans notre gamme SociéTerre d’investissement responsable.

+++ 

Marie-Justine Labelle, leader de pratique en investissement responsable chez Desjardins Société de placement

PRÈS D’UN CANADIEN SUR TROIS CROIT QUE L’INVESTISSEMENT RESPONSABLE EST MOINS RENTABLE

En hausse par rapport à 2018 (24 %) et à 2016 (16 %), 28 % des Canadiens croient que le rendement de l’investissement responsable serait inférieur à celui de l’investissement traditionnel, selon un sondage SOM commandé par Desjardins.

Ce à quoi le mouvement coopératif répond qu’une compilation récente de l’Association pour l’investissement responsable (AIR) démontre que le rendement moyen des fonds responsables est égal ou supérieur au rendement moyen de l’ensemble des fonds de chaque classe, et ce, peu importe la période de référence.

Pour les répondants intéressés par l’investissement responsable dans ce sondage, les retombées positives pour la société et la planète (75 %), un bon potentiel de rendement (54 %), des preuves démontrant que son placement génère concrètement des retombées positives (53 %) et l’idée d’être en accord avec son mode de vie et ses convictions (48 %) sont les quatre principaux motifs pour acheter des parts dans des fonds d’investissement responsable.

À l’inverse, ceux qui sont moins enclins à investir dans des produits d’investissement responsable invoquent le bon potentiel de rendement (61 %), les preuves démontrant que son placement génère concrètement des retombées positives (29 %), les retombées positives pour la société et la planète générées par le placement (28 %) et la recommandation de son conseiller (16 %).

Toutefois, les Québécois seraient plus ouverts à l’investissement responsable. Seulement 22 % des sondés du Québec doutent des rendements des fonds d’investissement responsable. Cette proportion atteint 30 % en Ontario et 33 % en Alberta et en Colombie-Britannique.

«Le sondage a été fait dans une période de pandémie. Il a été fait à la fin de 2020, une période d’incertitude économique. Avec des moments difficiles dans le marché boursier durant cette année-là. Donc, il se peut que ça ait influencé les réponses, que les gens étaient un peu sceptiques. À cause du macro-environnement...» commente Marie-Justine Labelle, leader de pratique en investissement responsable chez Desjardins Société de placement.

«On a posé une question aux gens pour savoir s’ils trouvaient l’investissement responsable intéressant. Et il y a 75 % des sondés qui ont dit oui et qu’ils trouvent l’investissement responsable intéressant», ajoute-t-elle en encourageant les investisseurs d’en parler à leur conseiller financier ou de leur envoyer un courriel...

«Dans le sondage, il est aussi ressorti que des gens détiennent des fonds d’investissement responsable et qu’ils l’ignorent», conclut Mme Labelle.

Ce sondage SOM a été réalisé du 25 novembre au 14 décembre 2020 auprès de 2860 Canadiens. La marge d’erreur maximale pour l’échantillon total est de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.  Paul-Robert Raymond