Les bureaux de Statistique Canada à Ottawa

L’inflation canadienne ralentit en juin avec le recul des prix de l’essence

OTTAWA — L’inflation canadienne a ralenti à deux pour cent le mois dernier, lorsque les prix de l’essence ont enregistré une forte baisse par rapport à l’an dernier, a indiqué mercredi Statistique Canada.

La lecture de l’agence fédérale ramène la variation des prix directement sur la cible idéale de la Banque du Canada, après qu’elle se soit établie à 2,4 % en mai. Il s’agit de la première décélération des prix après quatre mois consécutifs de hausses sur une base annuelle.

Le résultat était conforme aux attentes des économistes, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

La position neutre de 2,0 % - en plein milieu de la fourchette comprise entre 1,0 % et 3,0 %, privilégiée par la Banque du Canada - n’exerce aucune pression immédiate sur le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, pour qu’il ajuste son taux directeur.

En excluant les prix de l’essence, l’inflation annuelle du mois dernier s’établissait à 2,6 %, a souligné Statistique Canada.

La baisse de 9,2 % des prix à la pompe était notamment attribuable à une hausse des réserves aux États-Unis et à l’élimination des mesures de tarification du carbone par l’Alberta à la fin du mois de mai, a expliqué Statistique Canada.

Les prix de l’énergie ont diminué dans toutes les provinces, l’Alberta ayant facilement enregistré la plus forte baisse par rapport à l’année précédente.

Outre la baisse des prix de l’essence, les consommateurs ont payé moins cher le mois dernier pour les services d’accès internet, l’équipement informatique et l’hébergement de voyageurs.

Les pressions à la hausse sur les prix le mois dernier, par rapport à l’année dernière, ont été dominées par une augmentation de 17,3 % des prix des légumes frais - leur plus forte accélération depuis janvier 2016. Le mauvais temps dans les régions agricoles a contribué à cette hausse des prix.

Les consommateurs ont également déboursé plus d’argent en juin pour l’assurance automobile, les coûts d’emprunt hypothécaire, l’achat de véhicules automobiles et le loyer.

La moyenne des trois indicateurs du Canada pour l’inflation de base, considérés comme de meilleures mesures des pressions sous-jacentes sur les prix parce qu’ils suppriment les éléments volatils tels que l’essence, a légèrement décéléré à 2,03 %, contre une mesure révisée de 2,1 % pour le mois précédent.

Par région, les prix à la consommation ont généralement augmenté plus lentement dans neuf provinces le mois dernier, tandis que l’inflation annuelle de la Colombie-Britannique s’est établie à 2,6 %.

Au Québec et en Ontario, l’indice des prix à la consommation a progressé de 2,2 % et 2,0 %, respectivement, d’une année à l’autre. L’inflation s’est établie à 1,7 % au Nouveau-Brunswick, 1,6 % en Nouvelle-Écosse et 0,5 % à l’Île-du-Prince-Édouard.

La semaine dernière, la Banque du Canada avait prédit une baisse temporaire de l’inflation d’ensemble à 1,6 % au troisième trimestre de 2019, reflétant les fluctuations des prix de l’essence et des tarifs aériens, ainsi que la récente élimination des tarifs visant à l’acier et l’aluminium.

La banque centrale a estimé que l’inflation s’établirait à 1,8 pour cent pour l’année, avant de reprendre de la vigueur pour atteindre environ 2,0 % en 2020 et en 2021.

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