L’industrie touristique de la région de la capitale fédérale pourra-t-elle se relever rapidement après les nombreuses annulations d’événements de grande envergure?
L’industrie touristique de la région de la capitale fédérale pourra-t-elle se relever rapidement après les nombreuses annulations d’événements de grande envergure?

L’industrie touristique, parmi les derniers à vivre une relance

Qu’est-ce qui arrivera si toute l’économie reprend dès juillet, disons, alors que tous les grands événements ont déjà été annulés ? Sans le Cirque du Soleil, sans festivals, sans tournois, que feront les gens, les visiteurs ?

Les dirigeantes de Tourisme Ottawa et Tourisme Outaouais ne se posent pas la question. 

« Nous avons été parmi les premières industries frappées par la pandémie de COVID-19, se rappelle France Bélisle, directrice générale de Tourisme Outaouais. Nous serons donc parmi les derniers secteurs à vivre une relance. »

Le Musée canadien de l'histoire, à Gatineau

Même son de cloche du côté de Tourisme Ottawa.

« Nous nous attendons à un redéveloppement progressif et graduel, avise Catherine Callary, vice-présidente, développement de la destination. Nous pouvons imaginer que nous commencerons à voir le retour de tourisme local en premier, puis celui qui peut venir en auto, comme des régions de Montréal, de Toronto. »

Ni l’une ni l’autre ne se risque à prédire quand ce retour des touristes se verra. Les indices d’une reprise de la vie économique sont là, mais timides. Il est trop tôt pour se lancer dans des prédictions.

Mais une prévision à laquelle se permet Mme Bélisle, c’est que « je crois que la relance se fera d’abord par le plein air. C’est par là que la reprise se fera sentir. Et c’est un peu une bénédiction pour nous, car nous sommes une région de plein air.

«Le Parc Oméga, par exemple, est bien placé pour se relancer tôt, tout comme le réseau de sentiers pédestres de la Vallée-de-la-Gatineau, de Wakefield, de Montebello, etc.

«Ce n’est qu’ensuite que le tourisme d’intérieur reprendra. Cela pourrait prendre 18 mois avant que cela ne revienne à peu près à la normale.»

Le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa

Et encore. 

Cela dépendra des mesures sanitaires que les entreprises mettront en place : les protocoles en vigueur à l’intérieur, la présence de désinfectants, etc.

Pendant ce temps, le secteur touristique qu’est l’événementiel est annulé.

C’est l’une des grandes orientations avec l’hôtellerie, les restaurants, les congrès, les festivals, le marché sportif, les visites de groupe, etc.

«Pour les visiteurs internationaux, il est très difficile à dire quand cela reprendra. Il faudra du temps», croit Mme Callary. Ce n’est pas parce que les restrictions sur les envolées d’avions internationaux seront levées qu’ils seront nécessairement pleins de touristes le mois d’après. Comme elle dit, «il faudra du temps».

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1 MILLIARD $ EN MOINS

À Ottawa, l’industrie touristique pourrait perdre presque la moitié de ses revenus. 

« Nous prévoyions que les voyageurs feraient des dépenses de 2,2 milliards $ dans la région, estime Catherine Callary, de Tourisme Ottawa. Aujourd’hui, nous sommes forcés de réviser et estimons que c’est 1 milliard $ de moins qui entrera dans les coffres. »

« Ce que nous réalisons de plus en plus, estime-t-elle, c’est combien le tourisme fait partie de notre économie. Il y joue un grand rôle. Et si c’est bon pour les touristes, c’est bon pour les locaux aussi.

«Mais l’industrie touristique est très résistante, elle est peuplée de gens innovants et créatifs. Certes, il y aura plusieurs entreprises qui tomberont. Le redémarrage pourrait nous en voir perdre plusieurs. Mais la créativité est au rendez-vous et nous ne pouvons pas encore imaginer de quoi le lendemain sera fait», termine Mme Callary.