Le budget du ministre des Finances, Bill Morneau, sera déposé mardi.

L’IEDM réclame des baisses d’impôts pour les entreprises

Le gouvernement Trudeau devrait abaisser le taux d’imposition des entreprises dans son budget de mardi et emboîter le pas aux États-Unis afin de rester concurrentiel, estime l’Institut économique de Montréal (IEDM).

L’Institut estime que l’importante réforme fiscale annoncée par le président américain Donald Trump il y a deux mois, qui fait passer l’impôt des entreprises de 35 à 21 pour cent, «menace directement» la compétitivité du Canada.

Déjà, des entreprises redirigent une partie de leurs investissements au sud de la frontière, a rappelé l’IEDM à La Presse canadienne.

L’incertitude entourant le sort de l’ALÉNA plane sur l’économie canadienne, ajoute le groupe de réflexion de droite qui exhorte le gouvernement à se dégager une marge de manoeuvre dans le budget.

La solution? Une réduction des dépenses a répondu l’économiste à l’IEDM Mathieu Bédard, en entrevue avec La Presse canadienne. Il croit que le moment est bien choisi alors que l’économie est florissante et que le taux de chômage est faible, atteignant des niveaux records.

M. Bédard demande au gouvernement de s’inspirer de la philosophie des libéraux de Jean Chrétien et de Paul Martin. « Lorsqu’il est venu le temps de couper, ils ont su le faire bien et rapidement », a-t-il déclaré.

Selon lui, la situation actuelle est similaire. « Les déficits viennent d’un tas de petits postes budgétaires, explique M. Bédard. Il faudrait demander à chaque ministère de couper là où ils peuvent. »

Promesses brisées

L’Institut économique de Montréal reproche aux libéraux d’avoir «systématiquement trahi ses promesses fiscales» ce qui rend la situation d’autant plus délicate.

La plateforme électorale de 2015 des libéraux promettait que les déficits annuels n’allaient pas dépasser les 10 milliards et prévoyait un retour à l’équilibre à compter de 2019-2020.

Le gouvernement Trudeau a dépensé près du double de ce qu’il avait prétendu durant les deux premières années de son mandat et le retour à l’équilibre budgétaire a été repoussé, dénonce l’IEDM.

M. Bédard prévient au passage le ministre des Finances, Bill Morneau, de ne pas être « trop généreux » dans sa volonté de régler les disparités entre le salaire des hommes et des femmes.

« Ce sont des problèmes sérieux, a-t-il souligné. Malheureusement, on ne devrait pas se retrouver dans une situation où c’est difficile d’y arriver. »

La Presse canadienne dévoilait vendredi que le budget rendrait compte des coûts liés aux efforts pour atteindre l’égalité des genres tant au sein de la fonction publique fédérale que dans les milieux de travail réglementés par Ottawa.