Les quatre centrales syndicales ont demandé au ministre des Finances, Éric Girard, de réinvestir dans les services publics.

Les services publics « manquent de bras »

MONTRÉAL — Alors qu’elles rencontraient ensemble le ministre québécois des Finances, Éric Girard, mardi à Montréal, en prévision de son budget, les quatre centrales syndicales lui ont demandé à l’unanimité de réinvestir dans les services publics, mis à mal par des années de restrictions budgétaires.

Les augmentations de salaire qui seront versées à l’issue des négociations des secteurs public et parapublic ne suffiront pas à elles seules, puisque les travailleurs sont à bout de souffle, ont fait valoir les centrales. Les milieux de la santé et de l’éducation éprouvent même des difficultés à recruter du personnel tant les conditions d’exercice des emplois y sont difficiles.

« Il faut des bras », a illustré le président de la FTQ, Daniel Boyer. Et des bras supplémentaires, cela signifie des réinvestissements dans les réseaux de la santé et de l’éducation.

Les présidents de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) ont rencontré durant deux heures le ministre des Finances, qui consulte les organismes intéressés à la veille de la préparation de son budget. Les centrales syndicales ne croient pas non plus que la voie à suivre soit celle d’abaisser encore les impôts, puisque le gouvernement récolte des surplus, après des années de restrictions budgétaires.

« Sur le plan de la fiscalité, au cours des dernières années, on a baissé les impôts des entreprises, on a fait aussi des mises à niveau avec la concurrence internationale à ce chapitre-là. On pense que dans un contexte de surplus, on sait qu’il y a des gens du patronat qui vont défendre cette idée-là qu’il faut baisser les impôts au Québec. Nous, on dit : ‘au contraire, il faut réinvestir et massivement dans les services publics’ » a plaidé le président de la CSN, Jacques Létourneau.

La présidente de la CSQ, Sonia Éthier, a souligné qu’il existe un retard de 6,2 % pour ce qui est de la rémunération globale des employés de l’administration publique par rapport aux autres salariés québécois. « Il y a un coup de barre à donner au niveau des salaires également », a prévenu Mme Éthier.

Les services aux aînés doivent être améliorés, par exemple, les services à l’enfance aussi, a cité Luc Vachon, président de la CSD.