Sur les 15 millions de sapins cultivés au Québec, quelque 10 millions poussent en Estrie.
Sur les 15 millions de sapins cultivés au Québec, quelque 10 millions poussent en Estrie.

Les producteurs de sapins en colère contre Canadian Tire [VIDÉO]

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
Les producteurs de sapins de Noël ne digèrent pas une publicité des magasins Canadian Tire où l’on voit une petite fille empêcher son père d’abattre un sapin naturel au profit d’un sapin artificiel.

« C’est une publicité mensongère qui laisse croire que c’est mieux pour l’environnement d’acheter un arbre artificiel alors que plusieurs études ont prouvé le contraire », dénonce Jimmy Downey, président de l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec (APANQ).

L’APANQ a demandé à la chaîne de magasins de retirer la publicité, mais cette dernière a refusé.

« Nous allons continuer de mettre de la pression pour qu’il la retire. Nous savons que leur but initial n’est pas de dénigrer notre industrie, mais c’est quand même le résultat de cette publicité. Nous invitons les gens à leur écrire pour leur faire part de leur mécontentement face à cette publicité », souligne M. Downey, propriétaire de Sapinière et pépinière Downey inc., située à Hatley.

La culture du sapin de Noël est une industrie très importante pour la région. Sur les 15 millions de sapins cultivés au Québec, quelque 10 millions poussent en Estrie.

« Et nous devons encore faire de l’éducation quant à l’empreinte écologique de notre production, souligne M. Downey. Notre production absorbe plus de gaz carbonique qu’elle n’en produit. Le fait d’acheter un sapin encourage également l’économie locale. À l’inverse, les sapins artificiels sont généralement faits en Chine et amenés ici par bateau. »

M. Downey rappelle également que pour chaque arbre coupé, deux arbres sont plantés. « Pendant les 15 années de vie d’un arbre, il participe à la nature. Il fait de l’oxygène. Il contribue à l’écosystème. »

Croissance des ventes

Après plusieurs années plus difficiles, les producteurs de sapins profitent enfin d’une période de croissance des ventes. « Il y a 10 ans environ, nous vendions nos sapins sous le coût de production. En quelques années, nous sommes passées de 300 producteurs à 80 au Québec », affirme le président de l’APANQ.

Un arbre coûte environ 20 $ à produire. « Il faut souvent ajouter deux autres intermédiaires dans la vente donc en fin de compte, il ne reste pas grand-chose pour le producteur », fait valoir M. Downey.

Depuis trois ans, l’attrait des consommateurs pour les sapins naturels, des jeunes familles pour l’autocueillette et la croissance des exportations permet aux sapinières de rattraper les années perdues.

« C’est un marché cyclique et nous sommes dans une bonne passe. Nous espérons maintenant que ça dure quelques années », conclut M. Downey.