Les cours du pétrole ont chuté de près de 20 % en un mois, après avoir pourtant culminé début octobre à leur plus haut niveau depuis quatre ans.

Les producteurs de pétrole se demandent comment gérer la surproduction

ABOU DHABI — Les grands producteurs de pétrole ont affirmé dimanche que l’offre mondiale de brut l’année prochaine surpasserait la demande, appelant à l’adoption de « nouvelles stratégies » basées sur des ajustements de la production.

Cette déclaration commune a été diffusée à l’issue d’une réunion à Abou Dhabi de pays membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et non membres du cartel, au moment où la dégringolade des prix de l’or noir fait craindre un effondrement des cours comme en 2014.

Le ministre saoudien de l’Énergie Khaled al-Faleh a annoncé que son pays, le premier exportateur mondial de pétrole, allait réduire ses exportations de 500 000 barils par jour en décembre.

La Russie, elle, s’est engagée à s’aligner sur tout nouvel accord permettant de limiter la production.

Le ministre de l’Énergie des Émirats arabes unis, Souheil al-Mazrouei, a souligné que l’objectif des pays était de trouver le bon équilibre pour le marché.

« Une nouvelle stratégie est nécessaire (...) que ce soit une baisse de la production ou autre chose, mais ce ne sera pas une hausse de la production », a-t-il dit.

Mais au terme de la réunion, aucune décision commune n’a été prise. Selon plusieurs ministres, des recommandations devraient être émises avant une réunion plénière de l’OPEP prévue le 5 décembre à Vienne.

Malgré des signes de ralentissement de la demande, l’Arabie saoudite, la Russie, le Koweït et l’Irak ont récemment augmenté leur production de brut, et les États-Unis celle de pétrole de schiste. La récente diminution des prix de pétrole est notamment le résultat d’une demande en baisse de la Chine, le plus grand importateur, qui connaît un ralentissement de sa croissance, a souligné Cailin Birch, analyste à l’Economist Intelligence Unit. D’autre part, les sanctions américaines contre l’Iran, qui menaçaient de faire baisser l’offre mondiale et de faire grimper les prix, se sont avérées moins sévères que prévu.