Le pdg des Productions horticoles Demers, Jacques Demers, affirme que la production de marijuana ne figure pas dans le plan d’affaires de la compagnie.

Les producteurs de marijuana cherchent des terres

Les entreprises de marijuana ont faim. Plusieurs producteurs, comme Productions horticoles Demers, ont été sollicités pour leurs terres et leurs serres au cours des dernières semaines.

C’est maintenant un secret de Polichinelle. Les producteurs de cannabis cherchent à se positionner à travers le pays en vue de la légalisation de la marijuana. Le fédéral devrait donner le feu vert dès l’été prochain.

Chez Productions horticoles Demers, qui a récemment investi 25 millions $ pour agrandir ses installations à Drummondville, la production de marijuana ne figure pas dans le plan d’affaires de la compagnie. La direction confirme toutefois avoir étudié cette possibilité et également avoir été approchée par certaines entreprises. Elle préfère par contre ne pas dévoiler de nom. 

«Ce n’est pas dans nos projets. Nous nous concentrons dans la production de nos légumes, de nos tomates et de nos poivrons. On fait aussi de la fraise et bientôt de la framboise en serre. Nous n’avons pas d’intérêt pour l’instant», avance en entrevue au Soleil le président-directeur général, Jacques Demers. 

«C’est certain que ça fait beaucoup jaser. Nous avons regardé le potentiel de ce marché, mais il y a tellement d’incertitudes, que ce soit au niveau législatif ou au sujet de la demande. Cela demanderait aussi beaucoup d’investissements», affirme le patron. «Comme producteur de légumes en serres, cela ne fait vraiment pas partie de nos priorités», martèle celui dont le siège social est basé à Lévis.

Dans ses cartons, M. Demers indique avoir plusieurs autres beaux projets pour les consommateurs pour les prochains mois. 

«Ça fait maintenant presque quatre ans qu’on tente de développer une méthode de production de framboise en serres. Il va y avoir des framboises en avril 2018», dit-il, avouant aussi regarder pour la production de fraises en serres.

Canopy GROWTH à Mirabel

La semaine dernière, la société Canopy Growth Corporation (TSX : WEED) a annoncé avoir signé une entente de partenariat avec Les Serres Bertrand, à Mirabel.

En échange de millions de billets verts, le plus grand producteur de tomates roses en Amérique du Nord mettra à disposition ses installations — 700 000 pieds carrés — pour la production de cannabis biologique. 

La nouvelle entité sera baptisée Les Serres Vert Cannabis (Vert Mirabel) et elle sera pilotée par Les Serres Bertrand. 

Environ 15 millions $ seront investis pour l’achat et la modernisation d’équipements. 

Par ailleurs, le 21 décembre, Canopy Growth Corporation a obtenu un permis de production conformément au Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales pour sa propriété de 7000 pieds carrés située dans la municipalité de Saint-Lucien .

Question de valeurs

Toujours la semaine dernière, dans l’édition du Nouvelliste, c’était au tour de la compagnie Sagami - Savoura de prendre position au sujet de la marijuana. 

Et oui, le téléphone a sonné au cours des derniers mois pour signer des partenariats d’affaires, concède la direction. La réponse a été toujours la même : pas question de cultiver du cannabis, ni médicinal ni récréatif. 

«Ça ne fait pas partie de mes valeurs», notait le président Stéphane Roy, inquiet pour l’avenir de la production maraîchère.  

«Certains font le choix du cannabis, convertissent des serres pour en produire, réduisant de la sorte la production maraîchère déjà déficitaire au Québec. En optant plutôt pour de nouvelles constructions, les producteurs qui ont fait le choix du cannabis ne contribuent que partiellement à l’avancement de l’économie, leur production n’assurant pas une plus importante disponibilité sur nos marchés de denrées alimentaires de source québécoise», poursuit-il.

Sagami - Savoura planche présentement sur un projet de construction d’un complexe de serres de 6,1 hectares dans la ville de Mirabel. Investissement Québec a octroyé un prêt à la compagnie de 3,5 millions $ pour appuyer ce développement.