Les prestations de maladie n’ont pas subi de réforme majeure jusqu’ici, ce qui en fait le seul programme de prestations particulières du régime d’assurance-emploi qui n’a pas été modifié par les libéraux.

Les prestations d’assurance-emploi pour maladie sont très populaires

De plus en plus de Canadiens demandent l’aide du gouvernement fédéral lorsqu’ils s’absentent du travail pour lutter contre une maladie grave - et près de quatre demandeurs sur 10 tirent le maximum de ce programme.

Le régime fédéral d’assurance-emploi offre notamment une aide financière temporaire aux personnes incapables de travailler parce qu’elles sont malades ou blessées. Le régime d’assurance-emploi a consacré 1,6 milliard $ à ces prestations de maladie en 2017.

Or, depuis 2015, les demandes de prestations de maladie atteignent des sommets jamais vus en dix ans; plus de la moitié des demandeurs admissibles reçoivent des prestations pendant 10 semaines ou plus. Un rapport déposé récemment au Parlement révèle que plus de 142 000 personnes ont bénéficié de leurs prestations maximales de 15 semaines en 2017, une augmentation d’environ huit pour cent par rapport à l’année précédente.

Ce rapport sur le régime d’assurance-emploi pour l’exercice se terminant en mars 2017 révèle par ailleurs, sans grande surprise, que la durée des prestations de maladie augmentait avec l’âge - les personnes de plus de 55 ans recevant en moyenne 10,5 semaines de prestations.

Selon Donna Wood, spécialiste du régime d’assurance-emploi à l’Université de Victoria, il est difficile d’expliquer une telle augmentation des demandes, en l’absence d’études scientifiques sur ce programme. Mme Wood ne croit pas par ailleurs que la demande soit grande pour une réforme du programme.

Depuis 2015, les libéraux fédéraux ont modifié les règles d’admissibilité aux prestations régulières d’assurance-emploi, prolongé le congé parental à 18 mois - sans ajouter d’argent au total -, créé cinq semaines de congé facultatif pour les parents qui n’ont pas donné naissance à l’enfant, et élargi la portée du congé de proches aidants.

Les prestations de maladie, quant à elles, n’ont pas subi de réforme majeure jusqu’ici, ce qui en fait le seul programme de prestations particulières du régime d’assurance-emploi qui n’a pas été modifié par les libéraux. Le ministère fédéral chargé de superviser le régime doit d’ailleurs procéder à une évaluation du programme de prestations de maladie au cours du présent exercice.

Selon Niki Ashton, porte-parole néo-démocrate en matière d’emploi, le fait que tant de gens utilisent leurs prestations prouve qu’après 47 ans, le programme doit être mis à jour. «Des gens nous ont raconté des histoires déchirantes sur le stress que représente le fait de retourner tout de suite au travail, ou de revenir alors que la maladie est encore présente. Ces prestations aident les gens à prendre du mieux, plutôt que d’aggraver leur condition.»

Michael Brewster, un porte-parole du ministre du Développement social, Jean-Yves Duclos, a indiqué que le gouvernement avait déjà apporté des améliorations au programme de prestations de maladie, afin d’offrir aux citoyens davantage d’options pour leur retour éventuel au travail.

Dans son plus récent budget, le gouvernement libéral a accepté de permettre aux nouveaux parents et aux Canadiens qui se remettent d’une maladie de travailler tout en recevant une aide financière, sans compromettre leurs prestations d’assurance-emploi.

Au Québec, les prestations de congés parentaux sont administrées par le Régime québécois d’assurance parental.