L'échéance des conventions collectives le 30 avril était sur toutes les lèvres, vendredi, au sommet de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), qui réunit plusieurs acteurs de l'industrie.

Les patrons veulent encore négocier

MONTRÉAL - Alors que les conventions collectives de l'industrie de la construction viennent à échéance dimanche et que les médiateurs aux dossiers prévoient faire leurs rapports au cours des prochains jours, les associations patronales insistent pour poursuivre la négociation.
L'échéance des conventions collectives le 30 avril était sur toutes les lèvres, vendredi, au sommet de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ), qui réunit plusieurs acteurs de l'industrie.
À l'APCHQ, où se déroulent les négociations pour le secteur de la construction résidentielle, les discussions vont « très bien », a rapporté le président-directeur général, Luc Bélanger. « On a un sentiment de respect et de communication entre les parties. Ça avance. On est confiant qu'on peut arriver à une entente de principe sans passer par une grève », a-t-il résumé.
À l'Association des constructeurs de routes et grands travaux, la directrice générale Gisèle Bourque s'est aussi montrée optimiste. Dans son secteur du génie civil et de la voirie, les questions normatives sont même réglées, a-t-elle relaté.
« Le mode de négociation est efficace et il peut se faire sans conflit, sans grève et, ultimement, sans ralentissement de travail sur les chantiers de construction qui, somme toute, est plus pénalisant qu'une grève pure et dure. On croit qu'on va pouvoir y arriver sans problème. On veut une entente négociée, oui, mais pas à n'importe quel prix », a commenté Mme Bourque.
Conciliateur
Dans les secteurs institutionnel, commercial et industriel, un dénouement est survenu en fin d'après-midi vendredi, alors que la ministre du Travail, Dominique Vien, a nommé un conciliateur au dossier. Celui-ci entrera en fonction le 1er mai, soit dès après l'échéance des conventions collectives.
Plus tôt dans la journée, le directeur général de l'Association de la construction du Québec, Luc Bourgoin, avait justement émis le souhait que les discussions se poursuivent dans ces secteurs, mais en présence d'un médiateur ou d'un conciliateur.
« Il faut arrêter de perdre du temps ; il faut se parler le plus rapidement possible. La stratégie syndicale de retarder la négociation le plus possible, ça a des effets néfastes, oui, sur les entrepreneurs, mais aussi sur les travailleurs », avait opiné M. Bourgoin.
Lundi dernier, l'Alliance syndicale avait écrit à la ministre du Travail pour lui demander de ne pas prolonger la médiation et de laisser le rapport de forces s'exercer.
Mais la demande de nommer un conciliateur dans les secteurs institutionnel, commercial et industriel provient à la fois de l'association patronale de ces secteurs - l'Association de la construction - et de l'Alliance syndicale.
L'Alliance sonde présentement ses membres pour obtenir un mandat de grève. Mais un éventuel mandat de grève ne pourrait être exercé qu'après une période tampon de 21 jours après la fin du mandat des médiateurs.
L'Alliance syndicale regroupe les cinq organisations syndicales de l'industrie, à savoir la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction. Ce sont 175 000 ouvriers dans l'ensemble du Québec.