Le chef de la direction de BCE, George Cope

Les nouveaux abonnés de Bell témoignent des investissements stratégiques de BCE

BCE a affiché jeudi un bénéfice et des revenus plus importants que prévu, la société mère de Bell Canada ayant profité de plusieurs années de lourdes dépenses consacrées à la consolidation de ses activités de télécommunications et de médias.

«La société a bénéficié d’une excellente croissance trimestrielle de son nombre d’abonnés pour la télévision, internet et le sans-fil», a indiqué aux analystes le chef de la direction de BCE, George Cope, lors d’une conférence téléphonique suivant la publication de ses plus récents résultats.

La société montréalaise, qui exploite Virgin Mobile et Lucky Mobile en plus de Bell Mobilité, a ajouté 178 000 abonnés à ses services de téléphonie sans fil, un record pour un troisième trimestre.

Cette croissance inclut 135 323 nouveaux abonnés aux services postpayés, ce qui est conforme aux prévisions de 136 000 nouveaux abonnés. BCE a aussi ajouté 42 511 abonnés à son service prépayé, l’arrivée de la marque Lucky Mobile ayant renversé les baisses de BCE dans ce segment.

«Pour la première fois en de nombreuses années, nous nous attendons à ce que la croissance de nos revenus tirés des services prépayés soit désormais positive en 2019», a indiqué M. Cope.

«De notre point de vue, cela nous donne ultimement la possibilité de faire migrer (une partie de) cette base vers le postpayé, ce qui, selon nous, sera un élément stratégique important.»

BCE a affiché jeudi un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 814 millions $, soit 90 cents par action, pour le trimestre clos le 30 septembre, comparativement à celui de 803 millions $, ou 90 cents par action, engrangé au troisième trimestre de 2017.

Les revenus d’exploitation ont atteint près de 5,88 milliards $, en hausse de 1,4 % par rapport à ceux de près de 5,70 milliards $ au même trimestre l’an dernier.

Sur une base ajustée, le bénéfice de BCE s’est établi à 96 cents par action pour le trimestre, en hausse par rapport à celui de 91 cents par action il y a un an.

Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté de 93 cents par action et visaient des revenus de 5,8 milliards $, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Baisse des dépenses d’investissement

M. Cope a souligné que l’intensité du capital de son réseau sans fil devrait diminuer en 2019, notamment parce qu’une grande partie de l’infrastructure nécessaire pour acheminer le trafic entre les tours de téléphonie cellulaire est couverte par le développement de la fibre optique de Bell.

Les activités d’internet à haute vitesse et de télévision internet de BCE, qui comprennent la marque Bell Fibe, ont enregistré 88 000 ajouts nets d’abonnés, dont 77 000 clients dotés de réseaux de fibre optique à leur domicile, que Bell considère comme importants du point de vue stratégique.

Les ajouts comprennent 47 749 nouveaux clients du service internet haute vitesse et 40 091 nouveaux clients pour la télévision internet, y compris ceux des sociétés affiliées Bell Aliant les provinces atlantiques et Bell MTS au Manitoba.

Les principales entreprises de téléphonie et de câblodistribution au Canada, y compris Bell, Rogers, Telus et Shaw, ont consacré, ces derniers temps, des dépenses à l’intégration de leurs réseaux de fibre optique et sans fil.

Dans le cas de Bell, les dépenses d’investissement au troisième trimestre se sont établies à 1,01 milliard $, en baisse de 30 millions $ par rapport à la même période de l’année dernière.

À Toronto, le plus grand marché local de Bell et de Rogers, les consommateurs ont été séduits par des offres promotionnelles conçues pour installer les réseaux les plus avancés dans le plus grand nombre de foyers possible.

Bell, Rogers et les autres grands fournisseurs de services internet du Canada ont été forcés de défendre leurs pratiques de vente devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), qui a tenu des audiences publiques la semaine dernière.

Lors de la conférence téléphonique, M. Cope s’est fait demander s’il prévoyait que la capacité de Bell à vendre des forfaits de services pourrait être limitée par un nouveau code de conduite, ce qui a été suggéré par certains participants aux audiences. «Je ne pense pas que notre exécution sera affectée du point de vue de la distribution», a-t-il répondu.

Comme Bell l’a répété à maintes reprises depuis que les médias se sont intéressés, l’an dernier, au volume élevé de plaintes de clients, M. Cope a insisté sur le fait que les comportements inacceptables étaient néfastes pour les affaires et que des problèmes étaient résolus chaque jour.