Les trois ministres responsables des négociations pour un renouvellement de l’ALÉNA se sont réunis à Washington, vendredi, dans l’espoir d’accoucher au moins d’une entente de principe intérimaire avant que les pourparlers ne soient suspendus pour cette année.

Les ministres responsables des négociations sur l’ALÉNA sont à Washington

WASHINGTON — La ministre canadienne des Affaires étrangères a laissé entendre, vendredi, que les trois partenaires de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) pourraient être près d’une certaine entente.

Les trois ministres responsables des négociations pour un renouvellement de l’ALÉNA sont réunis à Washington, vendredi, dans l’espoir d’accoucher au moins d’une entente de principe intérimaire avant que les pourparlers ne soient suspendus pour cette année. À mi-journée, Chrystia Freeland a indiqué que les négociations depuis deux jours ont été « constructives et intensives », et qu’elles conserveraient ce rythme intense au cours des prochains jours.

Mme Freeland a indiqué que les négociations étaient entrées depuis quelques semaines - et particulièrement vendredi - dans une nouvelle phase, plus intensive. « Il est assez normal, a-t-elle dit, que les progrès s’accélèrent lorsqu’approche la fin des négociations. »

La ministre canadienne, aussi responsable du commerce avec les États-Unis, avait soupé jeudi soir avec ses homologues américain et mexicain, et les trois ministres se rencontraient à nouveau vendredi.

Des sources indiquent que ces tête-à-tête sont cruciaux si l’on veut parvenir à une entente de principe, du moins sur les grandes lignes, au cours des prochaines semaines — avant les élections de juillet au Mexique et les élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre. On ignore toutefois à quoi pourrait ressembler cette entente de principe. Mme Freeland a refusé de préciser vendredi ce qui achoppait encore à la table de négociations.

Eric Miller, consultant américain en commerce international, résume les deux scénarios les plus plausibles pour une annonce imminente : une déclaration très préliminaire dans laquelle les parties s’entendraient sur des principes généraux et s’engageraient à reprendre les négociations après les élections de juillet au Mexique, ou alors la conclusion d’une version légèrement modifiée de l’ALÉNA, de type « sud-coréen ». Washington a récemment accepté de mettre de l’eau dans son vin lors de la renégociation de l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud.

Par contre, plusieurs sources et observateurs s’entendent pour dire que la conclusion d’une entente finale et globale ne serait pas possible ce printemps, comme le souhaitait l’administration du président Donald Trump. Ainsi, on ignore toujours si les négociateurs ont abordé jusqu’ici les sujets les plus litigieux, comme la gestion de l’offre dans le secteur agricole canadien.

Yves Leduc, directeur du commerce international auprès des Producteurs laitiers du Canada, est d’ailleurs sur place à Washington pour suivre de près les négociations, qui ont beaucoup porté jusqu’ici sur le secteur automobile.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a aussi rappelé vendredi l’importance de la gestion de l’offre pour les producteurs québécois de lait et de volaille. « Il ne faudrait pas que (la gestion de l’offre) soit l’agneau du sacrifice en fin des négociations, parce que les Québécois n’accepteront pas ça », a répété M. Couillard, qui présentait justement vendredi la « Politique bioalimentaire du gouvernement du Québec », à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, en Montérégie.