L’ONU a chiffré dans une étude le ralentissement économique lié au coronavirus et s’attend à ce que la croissance annuelle du PIB mondial soit réduite de -0,5 % si l’épidémie est maîtrisée au cours du premier semestre, et de -1,5 % en cas de scénario dramatique.

Les investissements à l’étranger, ces autres victimes du virus

GENÈVE — L’épidémie de COVID-19 va faire passablement reculer les flux mondiaux d’investissements étrangers directs (IED) cette année, a indiqué dimanche l’ONU dans une étude, réduisant leurs prévisions de croissance annuelle de 5 à 15 %.

Selon les projections de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), l’épidémie aura un impact inévitable sur les IED, un terme qui désigne les investissements par lesquels une entreprise résidente dans un pays acquière un intérêt durable dans une entité résidente dans un autre pays.

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus en décembre dernier, plus de 105 800 cas d’infection ont été recensés dans 98 pays et territoires, causant la mort de près de 3600 personnes, selon un bilan établi dimanche à 9h GMT (5h, heure du Québec) par l’AFP à partir de sources officielles dimanche.

Apparu en Chine, il affecte dorénavant tous les continents, sauf l’Antarctique, et perturbe la vie quotidienne et économique dans un nombre croissant de pays.

La Cnuced a chiffré le ralentissement économique lié au coronavirus et s’attend à ce que la croissance annuelle du produit intérieur brut (PIB) mondial soit réduite de -0,5 % si l’épidémie est maîtrisée au cours du premier semestre, et de -1,5 % en cas de scénario dramatique.

En conséquence, la croissance annuelle des IED devrait être réduite de -5 % à -15 % par rapport aux estimations de janvier qui prévoyaient que les investissements étrangers restent stables en 2020-2021 ou enregistrent une croissance très modeste (+5 %), explique la Cnuced.

Dans leur étude, les économistes de l’ONU indiquent que le tassement des investissements étrangers sera particulièrement ressenti dans les pays les plus touchés par l’épidémie.

Mais ils soulignent aussi que «le choc négatif de la demande et l’impact économique des perturbations des chaînes d’approvisionnement» de Chine, de Corée du Sud, du Japon et des économies de l’Asie du Sud-Est, «affecteront les perspectives d’investissement dans d’autres pays».

C’est pour l’instant en Chine que «le choc de la demande est le plus grave», relève la Cnuced, avec par exemple une baisse de 70 % des ventes de Toyota en février dans ce pays.

Mais l’impact de l’épidémie «est déjà visible sur les principaux marchés en dehors de la Chine», relève la Cnuced, pointant du doigt notamment les industries tournées vers la consommation, telles que les voyages, le tourisme et commerce.

Signe de cette inquiétude généralisée, plus des deux tiers des entreprises figurant sur le top 100 des multinationales de la Cnuced ont déjà publié des commentaires sur les effets de l’épidémie sur leurs activités, le secteur de l’automobile semblant être le plus touché, selon l’étude.