Tous pays confondus, les ventes de la Chine à l’étranger ont reculé de 1,1 % le mois dernier sur un an, après un repli de 0,9 % en octobre, dans un contexte de fléchissement de la demande mondiale.
Tous pays confondus, les ventes de la Chine à l’étranger ont reculé de 1,1 % le mois dernier sur un an, après un repli de 0,9 % en octobre, dans un contexte de fléchissement de la demande mondiale.

Les exportations chinoises chutent encore, lestées par la guerre commerciale

Ludovic Ehret
Agence France-Presse
PÉKIN — Pas d’embellie en vue : les exportations de la Chine ont continué à pâtir en novembre de la guerre commerciale Pékin-Washington et de l’interminable attente autour d’un accord bilatéral, subissant leur quatrième mois consécutif de repli.

De son côté, l’excédent chinois vis-à-vis des États-Unis a connu une baisse sensible (-6,9 %), passant sur un mois de 26,42 à 24,61 milliards $US, selon des chiffres publiés dimanche par les douanes chinoises.

Cette dernière nouvelle devrait ravir le président américain Donald Trump, qui a lancé la guerre commerciale en 2018 à coup de droits de douane avec notamment pour objectif de rééquilibrer le commerce bilatéral.

Tous pays confondus, les ventes de la Chine à l’étranger ont reculé de 1,1 % le mois dernier sur un an, après un repli de 0,9 % en octobre, dans un contexte de fléchissement de la demande mondiale.

Il s’agit d’une relative surprise: les experts sondés par l’agence Bloomberg s’attendaient à une augmentation des exportations (+0,8 %).

Les importations chinoises sont, elles, passées en zone positive (+0,3 %) après six longs mois de repli. Là aussi, les analystes s’attendaient à la tendance contraire, prévoyant une baisse de 1,4 %.

«Ces chiffres sont un peu surprenants», estime Zhou Hao, économiste de Commerzbank à Singapour, cité par Bloomberg.

«La situation pourrait encore s’améliorer au niveau des importations en décembre, en raison d’une base de comparaison favorable par rapport à l’an dernier, mais de façon générale, il n’y a pas vraiment d’amélioration significative en vue.»

Téléphones portables

Ces statistiques sont publiées alors que les deux premières puissances économiques mondiales négocient toujours pour tenter de parvenir à un accord préliminaire pour mettre fin à la guerre commerciale.

Celle-ci se traduit par des surtaxes douanières réciproques portant sur des centaines de milliards de $US d’échanges annuels, dont les effets sur l’économie mondiale et la confiance des investisseurs se font durement sentir.

Malgré les récentes tensions diplomatiques autour de Hong Kong et du Xinjiang, le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Feng, a déclaré jeudi que «les équipes de négociation restent en contact étroit».

De son côté, Larry Kudlow, le principal conseiller économique du président américain, a affirmé vendredi qu’un accord commercial avec Pékin «est toujours proche».

Mais l’administration Trump menace toujours d’imposer le 15 décembre des tarifs douaniers additionnels de 15 % sur les biens chinois qui ont été, jusqu’à présent, épargnés, et qui représentent quelque 160 milliards $US d’importations annuelles.

Parmi les marchandises visées: les téléphones portables et les vêtements de sport.

Réunion économique

Si ces surtaxes étaient effectives, ce serait toutes les importations de Chine qui seraient ainsi frappées de droits de douane additionnels.

Motif de satisfaction cependant pour Donald Trump: les importations chinoises en provenance des États-Unis ont augmenté en novembre — une première depuis août 2018 — tandis que les exportations vers le territoire américain ont poursuivi leur chute pour le 12e mois consécutif (-23 % sur un an).

«Si un accord préliminaire est signé et s’il n’y a pas d’escalade supplémentaire des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, l’effet des surtaxes douanières américaines sur les exportations chinoises devrait s’atténuer courant 2020», estimait dans une récente note Sylvia Sheng, analyste pour J.P. Morgan à Hong Kong.

Dans ce contexte d’incertitude, des centaines de dirigeants politiques, d’économistes et de gouverneurs de banques publiques se réuniront dans les prochains jours à Pékin pour une grande réunion annuelle, qui devrait fixer les objectifs pour 2020 en matière de croissance, ainsi que de politique monétaire et fiscale.