Nemaska Lithium a connu plusieurs embûches en 2019.

Les dix événements de l’année dans le monde des affaires

Fin du lock-out à l'ABI

Avec l’acceptation des offres patronales le 2 juillet 2019 alors que l’exécutif syndical recommandait pourtant leur rejet, le lock-out de 18 mois à l’Aluminerie de Bécancour aura pris fin, au grand soulagement de la communauté des affaires et des intervenants politiques. Le lendemain, pour la première fois en 538 jours, l’entrée à l’usine était libre de tout obstacle. À la suite du vote, le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse, a démissionné. Les quelque 900 membres ont repris graduellement le boulot. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, aura multiplié les interventions au fil des mois afin de favoriser une entente.

2019 aura marqué la fin du lock-out à l’Aluminerie de Bécancour.

ProjetBécancour.ag tombe à l’eau

Évalué à 1,3 milliard de dollars, le projet de construction d’une usine combinée de production de méthanol et d’urée de ProjetBécancour.ag a été annulé par les promoteurs. ProjetBécancour.ag s’appuyait sur une révision d’un concept développé par IFFCO Canada en 2014 pour la construction d’une usine d’urée. Jusqu’à 840 emplois devaient être créés pendant la construction et environ 200 personnes devaient être en poste par la suite. Une coalition citoyenne, Alternatives Bécancour, s’opposait à ProjetBécancour.ag, considérant que le projet allait à l’encontre des engagements climatiques du Québec, avec l’émission de plus de 630 000 tonnes de gaz à effet de serre par année.

71 M$ pour le TGF

Le projet d’un train à grande fréquence qui passerait par Trois-Rivières a connu une certaine avancée avec l’annonce fédérale d’un investissement de 71,1 millions de dollars pour financer un examen plus approfondi du dossier. Pour le ministre des Transports, Marc Garneau, il s’agissait d’une phase «extrêmement critique». À elle seule, la Banque de l’Infrastructure du Canada y consacre une somme de 55 millions de dollars. Complété par le gouvernement fédéral, le financement doit servir à établir une équipe de projet conjointe et à financer des travaux visant à préserver l’option de l’interfonctionnement avec les fournisseurs régionaux de transport en commun à Montréal et à Toronto.

Le projet d’un train à grande fréquence a fait l’objet d’une annonce de 71,1 millions de dollars.

Vente de l’usine Sural

Tous les actifs de l’usine de tiges de Sural à Bécancour ont été rachetés par la société brésilienne Alubar, une transaction qui fut précédée d’une entente avec la soixantaine de syndiqués. Au moment de la transaction, l’usine était fermée depuis quelques mois en raison de problèmes majeurs d’approvisionnement en métal liquide et solide. Certains y voyaient alors une conséquence du lock-out à l’Aluminerie de Bécancour. Sous la nouvelle administration, les opérations devraient reprendre en mars 2020.

Réouverture de Menthes Rito

La réouverture de l’usine de Menthes Rito, après l’incendie qui avait complètement détruit ses installations de Trois-Rivières le 5 octobre 2018, aura pu se faire avec une contribution du gouvernement du Québec de l’ordre de 10,2 millions de dollars, sur un investissement total de 22 millions de dollars pour la reconstruction.

Dès les premières heures suivant l’incendie, les propriétaires de cette entreprise, en affaires à Trois-Rivières depuis 1957, avaient annoncé que l’usine serait reconstruite. Ils ont par la suite fait l’acquisition de la bâtisse de l’ancienne quincaillerie BMR, sur la rue Dessureault dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, ainsi que de deux terrains adjacents sur lesquels la bâtisse a été agrandie.

Usine de 200 M$ de NMG

Un projet d’usine de purification du graphite, évalué à plus de 200 millions de dollars, plane sur Bécancour alors que l’entreprise Nouveau Monde Graphite (NMG) a réservé une option d’achat sur un terrain de deux millions de pieds carrés dans le parc industriel. NMG a dévoilé le développement d’un procédé de purification thermochimique afin de compléter son offre au marché avec des produits de pureté supérieure à 99,95 %. Et pourquoi Bécancour? Parce qu’il s’agit d’un secteur à haut potentiel identifié pour la filière des batteries électriques en raison du coût de l’énergie, de la disponibilité de la main-d’œuvre, de la facilité du transport et de la proximité du marché américain.

Projet de 13 M$ d’Écosource recyclage

La Société Écosource recyclage a annoncé la construction de la plus importante usine de recyclage de pneus usés dans le parc industriel et portuaire de Bécancour. Au terme d’un investissement de plus de 13 millions de dollars, le bâtiment de 40 000 pieds carrés devrait accueillir dès le printemps prochain une vingtaine de personnes étalées sur un quart de travail.

Déjà propriétaires d’Écosource Canada, qui se spécialise dans la distribution de produits en énergie renouvelable, les promoteurs prévoient à terme une capacité de production annuelle de 70 000 tonnes, mais pour la première année, on parle davantage de 25 000 à 30 000 tonnes, ce qui correspond à environ trois millions de pneus. L’usine compte devenir la plus importante au Québec en termes de volume traité ainsi qu’en diversité de produits finis.

Plusieurs initiatives chez Kruger

Papiers de spécialité Kruger a commencé l’année en force lorsque l’usine de Trois-Rivières a livré en janvier son premier chargement de pâte thermomécanique (PTM) blanchie à l’usine Wayagamack, ce qui a permis à cette dernière d’élargir son portfolio de produits en offrant désormais une vaste gamme de papiers de spécialité dans une variété de blancheurs. Plus de 40 millions $ auront été investis pour la construction de l’atelier de blanchiment au peroxyde de PTM à Trois-Rivières et pour les travaux qui ont permis de diversifier la production à Wayagamack.

L’entreprise Kruger a annoncé plusieurs initiatives en 2019.

Une contribution fédérale de deux millions de dollars va aussi permettre à la société Kruger Biomatériaux inc. d’exploiter la première usine d’envergure commerciale à fabriquer des filaments de cellulose sur la planète. Évalué à quatre millions de dollars, le projet vise à rénover l’usine existante de Trois-Rivières et ainsi permettre le déroulement des activités de Kruger Biomatériaux inc. 24 heures sur 24, sept jours par semaine.

Finalement, l’attribution d’un octroi de 673 000 $ à la division des Papiers de spécialité de Kruger permettra à l’entreprise de procéder à la réalisation d’essais touchant le développement de nouveaux grades de papier à ses usines de Brompton et de Wayagamack, pour un total de quatre projets distincts.

Des embûches pour Nemaska Lithium

Nemaska Lithium a connu plusieurs embûches en 2019. Tellement que la compagnie a dû se protéger de ses créanciers en fin d’année. L’ensemble du projet à la mine Whabouchi et à l’usine commerciale de Shawinigan est estimé à 1,3 milliard $, dont 821 millions $ sur les terrains de l’ex-papeterie Laurentide. En date du 31 août, seulement 130 millions $ avaient toutefois été engagés à cet endroit. Et la mise en exploitation de cette usine avait déjà été repoussée en novembre 2021. Le promoteur aura été incapable d’en venir à une entente avec le fiduciaire d’obligations de 350 millions $ sur de nouvelles modalités liées aux échéanciers du projet. Une restructuration a été annoncée, entraînant 64 mises à pied. Parmi les mesures mises de l’avant, Nemaska Lithium a suspendu l’exploitation de l’usine phase 1 de Shawinigan, qui avait démarré en février 2017. L’entreprise aura tout de même investi sept millions de dollars à Shawinigan en cours d’année.

Entrechoc forestier à La Tuque

Un employeur historique à La Tuque, soit l’usine WestRock, se sent menacé par le projet de bioraffinerie de Bioénergie La Tuque en raison de l’approvisionnement en fibres. Et le malaise est suffisamment grand que WestRock s’est retiré de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut Saint-Maurice qui appuie le projet de bioraffinerie. Celui-ci doit voir le jour en 2023, au terme d’un investissement d’un milliard de dollars.