David’s Tea écrit dans son rapport que les stratégies de certains actionnaires ainsi que des critiques visant l’équipe de direction en place pouvaient notamment avoir des répercussions sur le cours de l’action.

Les disputes médiatisées nuisent au redressement, dit David’s Tea

MONTRÉAL — Les disputes médiatisées entre grands actionnaires constituent des distractions qui risquent de freiner les efforts déployés par Les Thés David’s Tea pour sortir la tête de l’eau, prévient le détaillant québécois.

Cette mise en garde figure dans le rapport annuel du marchand de thé établi à Montréal, qui a été déposé auprès des autorités réglementaires américaines après la divulgation des résultats annuels, la semaine dernière.

Depuis quelques semaines, le plan de redressement et les nominations proposées au conseil d’administration par un grand groupe d’actionnaires contrôlé par le cofondateur Herschel Segal sont loin de faire l’unanimité.

Certaines sociétés comme Porchlight Equity Management, TDM Asset Management PTY et Edgepoint Wealth Management disent avoir de sérieuses réserves quant à la proposition de la société Placements Mauvais Jours, qui appartient à M. Segal - également fondateur du détaillant de vêtements Le Château.

David’s Tea écrit dans son rapport que les stratégies de certains actionnaires ainsi que des critiques visant l’équipe de direction en place pouvaient notamment avoir des répercussions sur le cours de l’action.

«De telles divergences publiques, ou une course aux procurations lors de l’assemblée annuelle, pourrait engendrer d’importants frais légaux et d’autres dépenses, peut affecter négativement notre titre (...) et provoquer d’autres effets néfastes», peut-on lire dans le document.

Placements Mauvais jours, qui affirme détenir 46 pour cent des actions en circulation de la chaîne, a proposé huit candidats, dont M. Segal, pour former le prochain conseil d’administration de David’s Tea.

Le groupe d’actionnaires affirme ne plus avoir l’intention d’offrir de racheter les participations d’actionnaires minoritaires, mais croit que le conseil d’administration qu’il propose serait en mesure de redresser le détaillant en difficulté.

Cette affaire risque d’être l’un des principaux sujets de l’assemblée annuelle des actionnaires de la société, qui est prévue pour le 14 juin à Montréal.

L’offensive de M. Segal - qui lorgne la présidence du conseil - survient alors que David’s Tea a signalé en décembre que diverses options stratégiques, incluant une vente de la compagnie, une restructuration, une fusion ou une acquisition, étaient étudiées.

En plus de problèmes au chapitre de la rentabilité depuis qu’elle est entrée en Bourse, il y a presque trois ans, la chaîne a remanié sa haute direction jusqu’à ce que Joel Silver devienne son président et chef de la direction en mars dernier.

Des primes malgré les pertes

Le rapport annuel indique également que le détaillant a versé près de 1,16 million $ US en indemnités de départ l’an dernier puisque trois ex-hauts dirigeants ont quitté la compagnie.

En tenant compte de ces sommes, la haute direction du marchand de thé a touché une rémunération globale - qui tient compte du salaire de base, des primes et autres avantages - totalisant 3,68 millions $ US en 2017.

La paye totale de M. Silver a été de 801 165 $, ce qui inclut son salaire de base de 285 521 $.

David’s Tea a terminé l’exercice en affichant une perte nette de 28,5 millions, ou 1,11 $ par action, alors qu’elle avait été de 3,66 millions $, ou 15 cents par action, en 2017. Ses ventes sont passées de 216 millions $ à 224 millions $.

Si M. Silver estime que les prochains mois seront encore difficiles, la refonte du site transactionnel ainsi que les mesures de réductions de coûts devraient aider à remettre de l’ordre dans les finances.

D’après Kelly Bania, de BMO Marchés des capitaux, les ventes en ligne ont représenté 12,2 pour cent, ou environ 27 millions $, du chiffre d’affaires total de David’s Tea l’an dernier.

«Avec de nombreux défis (dans ses magasins) et un manque de clarté sur les impacts découlant des récents changements de produits, nous estimons que les perspectives demeurent incertaines», a-t-elle écrit dans un rapport.

David’s Tea exploite 190 magasins au Canada et 50 autres aux États-Unis.

À la Bourse de New York, le titre du détaillant reculait d’environ 5 cents US, ou 1,31 pour cent, en début d’après-midi, pour se négocier à 3,70 $ US.