Le chef des progressistes-conservateurs, Patrick Brown, craint que le gouvernement Wynne tente de passer sous silence les répercussions à long terme de la baisse des tarifs d'électricité.

Les conservateurs demandent une enquête sur les tarifs d'électricité en Ontario

TORONTO - La vérificatrice générale de l'Ontario entend consacrer un rapport évaluant les plans du gouvernement libéral de la province visant à abaisser la facturation de l'électricité.
Le chef des progressistes-conservateurs, Patrick Brown, a fait une demande par écrit à l'endroit du Bureau de la vérificatrice générale de l'Ontario, indiquant s'attendre à une analyse complète des coûts qui seraient entraînés par une telle mesure.
Une porte-parole de la vérificatrice générale a affirmé que la demande de M. Brown serait prise en considération, mais qu'une telle évaluation était déjà envisagée.
La récente annonce d'une baisse de 17 % des tarifs d'électricité entrerait en vigueur cet été, une mesure que les libéraux comparent au refinancement d'une hypothèque sur une plus longue période de temps.
La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, a reconnu qu'il en coûtera plus aux contribuables sur le long terme, mais a fait valoir du même souffle que des économies sont nécessaires puisque la population traverse une période difficile.
Vingt-cinq milliards
Les coûts supplémentaires en intérêt associés à la politique mise de l'avant se chiffreront à 25 milliards $ sur 30 ans, a affirmé Mme Wynne. Les progressistes-conservateurs jugent toutefois que le calcul derrière cette estimation est nébuleux.
Les 25 milliards $ évoqués par la première ministre Wynne ne figurent pas dans les documents de mise en contexte diffusés au moment de l'annonce d'une baisse de la tarification du service d'électricité. Ces derniers indiquent néanmoins que le plan comprendra « des taux d'intérêt annuels n'excédant pas 1,4 milliard $ ».
Mme Wynne a affirmé lundi que la vérificatrice générale a déjà été mise au fait de ce dossier, ajoutant que le gouvernement était prêt à fournir plus d'information technique si nécessaire.
Un porte-parole au ministère de l'Énergie a indiqué que, selon une estimation « conservatrice » en fonction d'un taux d'intérêt de cinq pour cent, le montant total à essuyer est évalué à approximativement 25 milliards $ étalé sur une période de 30 ans.
Des faux chiffres ?
Dans sa lettre envoyée au Bureau de la vérificatrice générale de l'Ontario, Patrick Brown admet que les Ontariens pourraient ultimement accepter ces coûts supplémentaires dans l'optique de pouvoir faire des économies dans l'immédiat, vu « le niveau de difficulté auquel la population fait face ». Il soutient toutefois que les répercussions d'une telle mesure doivent être clairement énoncées.
« Pour être honnête, ce gouvernement a l'habitude d'avoir délibérément recours à de faux chiffres pour passer sous silence leurs pires échecs en matière de politiques », fait-il valoir dans sa missive.
Un porte-parole du ministre de l'Énergie ontarien Glenn Thibault a rétorqué que l'Ontario affiche une gestion « responsable » de sa dette au fil des années. La dette nette de la province dépasse la barre des 300 milliards $.
La baisse de tarification de 17 % - qui fait suite à une réduction de huit % entrée en vigueur en janvier - signifie que les contribuables débourseront environ 2,5 milliards $ de moins par année pour les 10 prochaines années, selon le gouvernement.