Le chef de la direction de TransCanada, Russ Girling

Les actionnaires de TransCanada acceptent le changement de nom pour TC Energy

CALGARY — TransCanada supprime officiellement le «Canada» de son nom, mais son chef de la direction, Russ Girling, ne s’attend pas à ce que cela facilite l’approbation pour des pipelines au Canada ou aux États-Unis.

La société établie à Calgary s’appellera désormais TC Energy, maintenant que ses actionnaires ont approuvé le changement de nom lors de l’assemblée annuelle de l’entreprise, vendredi.

«Le nom TC Energy reconnaît notre origine sous le nom de TransCanada Pipelines, tandis que l’ajout du mon ‘énergie’ évoque l’étendue de nos activités, qui comprennent les pipelines, la production d’énergie et le stockage d’énergie», a expliqué M. Girling.

«Mais soyons clairs, c’est un changement de nom, pas un changement de marque. Nous sommes très fiers de ce que nous sommes et de ce que nous faisons.»

La société a indiqué que le changement de nom témoignait de sa croissance aux États-Unis et au Mexique, notamment grâce à sa récente acquisition du transporteur américain de gaz naturel Columbia Pipeline Group, pour 13 milliards $ US.

Elle emploie environ 7000 personnes en Amérique du Nord, soit 3500 au Canada, 3200 aux États-Unis et 300 au Mexique.

Certains analystes estiment toutefois que c’est aussi une chance pour l’entreprise de se distancier du Canada, où la difficulté de faire approuver de nouveaux projets d’oléoduc a été pointée du doigt pour la surabondance de pétrole qui a fait plonger les prix l’automne dernier et incité le gouvernement de l’Alberta à imposer une réduction de production à compter du mois de janvier.

«Je pense que le changement de nom n’est que de la sémantique», a écrit l’analyste américaine Jennifer Rowland, de la firme Edward Jones, dans un courriel.

«Je ne pense pas que cela attire de nouveaux investisseurs, mais j’estime que c’est une manière subtile, ou pas très subtile selon votre perception, de minimiser l’attention sur le Canada, puisque certains investisseurs hésitent à investir au Canada étant donné l’intervention du gouvernement dans le libre marché en Alberta et l’environnement réglementaire difficile en matière d’énergie.»

Le pipeline Keystone XL de TransCanada allant de l’Alberta aux États-Unis a été proposé pour la première fois en 2008, puis rejeté par le président Barack Obama en 2015. Il a cependant été autorisé par le président Donald Trump en 2016, puis approuvé une fois de plus en mars, mais il reste malgré tout en attente de décisions judiciaires dans les États du Montana et du Nebraska.

Par ailleurs, TransCanada a dévoilé vendredi un profit de 1 milliard $ pour son plus récent trimestre, en hausse par rapport à celui de 734 millions $ réalisé à la même période un an plus tôt.

Le bénéfice par action de l’exploitant de pipelines a atteint 1,09 $ pour le trimestre clos le 31 mars, comparativement à celui de 83 cents affiché il y a un an.

Les revenus pour le premier trimestre ont totalisé 3,49 milliards $, un chiffre d’affaires en croissance par rapport à celui de 3,42 milliards $ de l’an dernier.

Sur une base comparable, TransCanada a réalisé un bénéfice de 987 millions $, ou 1,07 $ par action, pour le trimestre, en hausse par rapport à celui de 864 millions $, ou 98 cents par action, d’il y a un an.

Les analystes s’attendaient en moyenne à un profit de 99 cents par action, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.