En dîner-conférence à la Chambre de commerce et d’industrie Lac-Saint-Jean, Daniel Gobeil, président du Syndicat régional des producteurs de lait, accompagné de Julie Gélinas, directrice marketing des Producteurs de lait du Québec, a dressé un portrait de l’industrie dans la perspective de l’entrée en vigueur des nouveaux accords de libre-échange.

Les accords de libre-échange font sentir leurs effets sur l'industrie laitière

Avec la mise en application prochaine de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACÉUM), qui permettra l’entrée sur le marché canadien de 100 000 tonnes de produits laitiers, les producteurs de lait du pays auront intérêt à exiger du gouvernement canadien un meilleur contrôle aux frontières des produits qui entrent au pays de Justin Trudeau, tout en mettant sur pied de nouvelles campagnes marketing favorisant l’achat de lait.

De passage mercredi au dîner-conférence de la Chambre de commerce et d’industrie Lac-Saint-Jean, Daniel Gobeil, président du Syndicat régional des producteurs de lait, accompagné de Julie Gélinas, directrice marketing des Producteurs de lait du Québec, a dressé un portrait de l’industrie dans la perspective de l’entrée en vigueur des nouveaux accords de libre-échange.

Selon les données fournies, l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), qui donne accès à 3,1 % de la production laitière, a permis l’entrée au pays de 472 120 kilos de beurre, ce qui représente 94,4 % des accès permis pour ce produit, tandis que la poudre de lait est entrée au pays à raison de 67 575 kilos.

Les fromages de tous les types ont totalisé 639 363 kilos, soit 53 % de l’accès permis. « Le plus frustrant, c’est que ç’a été importé sous forme de fromages comme du cheddar, du mozzarella, du parmesan, du fromage à pizza. Ce sont des marchés importants qu’on a perdus », a déclaré M. Gobeil.

L’Accord économique et commercial global (AÉCG) signé avec l’Europe a permis l’an dernier l’entrée de 6,9 millions de kilos de fromage, dont 458 962 kilos de fromages industriels.

L’ACÉUM prévoit l’entrée au pays de 100 000 tonnes de produits laitiers (3,9 %), ainsi qu’un plafonnement des exportations de poudre de lait écrémé (PLÉ) et de concentré protéique du lait (CPL). Ce plafond est fixé à 55 000 à l’an 1, alors que le Canada a exporté 82 000 tonnes de SNG en 2017-2018, ce qui a fait dire à M. Gobeil que la progression du surplus de SNG représentera un défi de commercialisation dans les prochaines années.

Selon lui, il sera nécessaire que l’Union des producteurs agricoles (UPA) continue à faire pression sur le gouvernement fédéral afin qu’il exerce un contrôle serré à la frontière canado-américaine sur les produits qui entrent, d’autant plus que les Américains sont des voisins proches capables d’exporter par conteneurs entiers.

Production à la baisse

Depuis cinq ans, la production laitière au Saguenay–Lac-Saint-Jean a connu une tendance à la croissance dans les 271 fermes de la région, atteignant, en 2018, un volume de 167,8 millions de litres. L’entrée en vigueur des accords de libre-échange, accompagnée du rachat de quotas de production, a toutefois réduit la production régionale à 165,1 millions de litres en 2019.

Le nombre de producteurs de lait de la région a poursuivi son déclin en 2019, pour s’établir à 271, soit 14 de moins qu’en 2018. En 2010, on dénombrait 348 fermes laitières dans la région.

Fait à souligner : bien que la région produise 5 % des 3,3 milliards de litres de lait du Québec, le Saguenay–Lac-Saint-Jean a produit en 2019 une proportion de 16 % du lait biologique de la province, avec près de 10 millions de litres provenant de 25 fermes.

Un autre fait saillant positif touche la transformation en région. Les volumes de lait transformés ici sont passés de 94 millions de litres en 2018 à 100 millions en 2019, ce qui représente 188 camions-remorques de moins qui sortent de la région, pour de la transformation faite à l’extérieur.

Près de 1000 emplois sont liés à la transformation laitière dans la région.