Pour 3 $, il sera possible de faire préparer sa commande d'épicerie faite en ligne.

L’épicerie en ligne arrive chez Maxi

La bannière à escomptes Maxi se lance à son tour dans l’épicerie en ligne. On mise sur le principe cliquez et ramassez et non sur la livraison à domicile.

Quatre supermarchés montréalais de la chaîne, qui appartient à Loblaw, ont déjà commencé à offrir le service et d’autres magasins s’ajouteront graduellement dans la province, explique la porte-parole de Loblaw au Québec, Johanne Héroux.

Pour la région de Québec, il sera possible à partir du 14 août de faire vos courses sur le site maxi.ca et d’aller ramasser votre commande dans les Maxi et Cie de L’Ancienne-Lorette et de Saint-Romuald.

Les Maxi de Lévis et de Fleur de Lys s’ajouteront le 28 août. Il faudra attendre au 9 octobre pour ceux de Val-Bélair, Beauport, Lebourgneuf, Les Saules, D’Estimauville et Donnacona.

On vise à étendre ce service à 66 magasins d’ici la fin de l’année et à l’ensemble des 113 supermarchés d’ici le printemps 2019.

«L’objectif c’est de permettre à notre clientèle escompte de pouvoir économiser non seulement de l’argent, mais aussi du temps, en faisant leur épicerie en ligne», fait valoir Mme Héroux.

La commande pourra être faite la journée même si vous la passez au moins quatre heures avant de venir la chercher.

Dans les Maxi et Cie, les espaces réservés à cette fin permettront au client de se stationner, puis d’appeler au magasin pour qu’on vienne livrer directement dans la voiture.

Dans les Maxi, il faudra toutefois entrer dans le supermarché.

On demande des frais de 3 $ par commande, qui doit atteindre au moins 30 $. Les prix et promotions sont les mêmes qu’en magasin, précise Mme Héroux. Il est aussi possible d’amasser ou d’utiliser les points de la carte de fidélisation PC Optimum.

Les paiements se font par cartes de crédit ou cartes-cadeaux en ligne. Toutefois, le client peut aussi payer en argent en venant chercher la commande.

Mme Héroux affirme que le personnel a été spécialement formé pour choisir les plus beaux produits et répondre aux instructions spéciales des consommateurs, comme des bananes mûres, donne-t-elle en exemple.

Il n’est pas étonnant que Loblaw se lance dans l’épicerie en ligne pour sa bannière Maxi, l’entreprise étant assez «agressive» dans sa stratégie numérique, surtout depuis l’annonce de l’achat de Whole Foods par Amazon, remarque Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à la faculté de Management de l’Université Dalhousie.

Il était toutefois surpris qu’on offre un système de ramassage en magasin, et non la livraison à domicile, qui gagne en popularité. «Si on annonce le click and collect, à mon avis on fait pratiquement un pas en arrière, ou on prend du retard sur la compétition», constate-t-il. «Si ce n’est pas la livraison, j’ai l’impression que Maxi pourrait manquer le bateau. […] Une fois qu’on a goûté à la livraison, on devient un peu accroché à cette formule-là.»

«Pour le moment, ce que nos clients nous disent, c’est qu’ils apprécient pouvoir insérer le ramassage de leur commande dans leurs activités quotidiennes plutôt que d’avoir à attendre à la maison. Ils trouvent ça plus pratique», réplique Johanne Héroux, de Loblaw. Des essais pour de la livraison sont commencés en Ontario. On a aussi testé des livraisons dans des casiers à la sortie de stations de métro.

«Maintenant, est-ce que c’est appelé à évoluer, est-ce qu’on offrira le choix aux clients, ce n’est pas impossible, mais pour le moment, au Québec, on s’en tient au modèle de ramassage.»

Costco
Faire l’épicerie en ligne reste encore marginal, mais on sent que les consommateurs s’habituent tranquillement à l’idée, note M. Charlebois. Ces derniers restent toutefois encore frileux, surtout lorsqu’il est question de produits périssables, comme les viandes, les fruits et les légumes, dit-il.

Ce service devient toutefois de plus en plus un incontournable pour les entreprises, alors que Provigo (aussi propriété de Loblaw), Metro, IGA et Walmart ont fait le saut. Les formules diffèrent selon les enseignes.

La concurrente directe de Maxi, la bannière à escomptes Super C, qui appartient à Metro, n’offre pas pour l’instant l’épicerie en ligne. On n’a pas voulu s’avancer lundi sur la possibilité d’offrir ce service.

On précise toutefois que la bannière Metro propose la livraison ou la cueillette en magasin. «Nous lançons [le service en] Ontario dans les prochains mois», a indiqué la porte-parole Isabelle Salesse.

Le géant Costco a commencé ce mois-ci à faire la livraison d’aliments non périssables dans le sud de l’Ontario. L’entreprise n’a pas donné d’échéancier, mais il est dans les plans d’étendre le service, notamment au Québec.

«Costco, ça va faire mal à mon avis», fait valoir le professeur de management.

La formule est pratique pour les consommateurs, note le professeur Charlebois, surtout que la facture chez Costco grimpe souvent à plus de 200 $, dit-il. Des commandes lourdes et encombrantes que le client sera content de «sous-traiter».

Et comme l’entreprise n’a environ que 100 magasins au pays, la vente en ligne pourrait lui permettre de faire d’importants gains.