«Dans le cas des deux principales vulnérabilités que nous surveillons de près, nous percevons des signes d’atténuation encourageants», a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz.

L’endettement et le marché immobilier sont toujours un risque

Le marché immobilier et l’endettement des ménages canadiens demeurent les principales vulnérabilités du système financier, mais ces éléments donnent des signes d’assouplissement, a estimé jeudi la Banque du Canada.

Selon la banque centrale, les inquiétudes entourant la dette des ménages ont commencé à s’amoindrir, mais celles-ci persisteront pendant un bon moment en raison de la taille des sommes empruntées par les Canadiens.

«Dans le cas des deux principales vulnérabilités que nous surveillons de près, nous percevons des signes d’atténuation encourageants», a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, dans un communiqué.

«L’effet conjugué de la hausse des taux d’intérêt et des changements apportés aux lignes directrices relatives aux prêts hypothécaires a modéré la croissance du crédit et entraîné une amélioration de la qualité des nouveaux prêts.»

Cette évaluation se trouvait dans la plus récente «Revue du système financier», publiée jeudi par la Banque du Canada. Ce document évalue les vulnérabilités susceptibles d’amplifier ou de propager les chocs économiques.

Les règles entourant les prêts hypothécaires ont été resserrées ces dernières années, avec l’application de tests de résistance destinés aux emprunteurs. Les nouvelles règles mises en place au début de l’année ont introduit une nouvelle simulation de crise pour les emprunteurs qui n’ont pas besoin d’une assurance prêt hypothécaire. Le marché du logement montre des signes de ralentissement depuis quelques mois.

La banque centrale a indiqué qu’elle surveillerait la mesure dans laquelle les emprunteurs qui veulent un prêt plus important que celui auquel ils sont admissibles en vertu des nouvelles lignes directrices fédérales se tournent vers des prêteurs alternatifs. Ces derniers, qui peuvent notamment être des caisses d’épargne et de crédit ou les prêteurs privés, ne sont pas toujours assujettis aux règles fédérales.

Ralentissement du marché immobilier

En évaluant le risque du marché du logement, le rapport a noté que la croissance des prix des habitations avait ralenti, notamment en raison d’une baisse dans la grande région de Toronto. Cependant, il a noté que les marchés des copropriétés de Toronto et de Vancouver demeuraient solides et présentaient quelques signes d’activité spéculative.

En plus de l’endettement des ménages et du marché immobilier, le rapport a également identifié la cybercriminalité comme la troisième principale vulnérabilité du système financier.

«Même si les capacités défensives s’améliorent à l’échelle du système financier, certaines attaques réussiront inévitablement», a noté le rapport. «Des plans robustes de reprise des activités peuvent aider à rétablir rapidement le bon fonctionnement du système financier et à éviter une perte de confiance.»

La Banque du Canada a également annoncé jeudi qu’elle ne publierait plus son rapport d’examen du système financier deux fois par année. Le rapport deviendra plutôt une revue annuelle publiée en juin et un membre du conseil de direction de la banque prononcera un discours à l’automne pour mettre à jour l’évaluation des vulnérabilités et des risques pour le système financier.

La banque centrale créera également un nouveau portail consacré au système financier, sur son site web, qui publiera des recherches et des analyses tout au long de l’année.

Le rapport trimestriel sur la politique monétaire de la Banque du Canada comprendra également une analyse plus approfondie des questions pertinentes, s’il y a lieu.

La banque centrale a relevé son taux d’intérêt directeur à trois reprises depuis l’été dernier, ce qui a incité les grandes banques canadiennes à hausser leurs taux préférentiels, qui servent à fixer les taux des hypothèques à taux variable et d’autres prêts. Le coût des nouvelles hypothèques à taux fixe a également augmenté ces derniers mois, en raison d’une hausse des rendements obligataires.

La Presse canadienne