Wall Street a terminé en nette hausse, privilégiant les signes encourageants sur le front du coronavirus aux bilans de santé en demi-teinte de grands groupes américains.
Wall Street a terminé en nette hausse, privilégiant les signes encourageants sur le front du coronavirus aux bilans de santé en demi-teinte de grands groupes américains.

Le vert domine sur les bourses mondiales

PARIS — Les marchés boursiers ont globalement poursuivi leur tendance à la hausse mardi dans un marché scrutant les premiers résultats trimestriels d’entreprises et misant sur des sorties progressives de confinement.

Wall Street a terminé en nette hausse, privilégiant les signes encourageants sur le front du coronavirus aux bilans de santé en demi-teinte de grands groupes américains, comme les banques JPMorgan Chase et Wells Fargo ou le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson : le Dow Jones a gagné 2,39 %, le S&P 500 a pris 3,06 % et le Nasdaq a décollé de 3,95 %.

Après l’Asie, les indices européens ont terminé dans le vert au retour du long week-end pascal, à l’exception de Londres, plombée par le secteur pétrolier et celui de la construction (-0,88 %), et Milan (-0,36 %).

Paris s’est ainsi apprécié de 0,38 % et Madrid de 0,54 %. À Francfort, où le système informatique Xetra, duquel dépendent plusieurs bourses européennes, a été victime d’une panne jusqu’en début d’après-midi, le Dax est monté de 1,34 %.

«Le marché fait un gros pari sur la saison des résultats» du premier trimestre qui avait plutôt bien commencé avant que la pandémie ne paralyse l’activité économique en mars, estime auprès de l’AFP Alexandre Baradez, un analyste d’IG France.


« Si on se rend compte que ces résultats sont meilleurs qu’attendu alors que la crise avait déjà commencé, cela atténuera peut-être l’impact du choc au deuxième trimestre »
Alexandre Baradez, un analyste d’IG France

Mais si au contraire «malgré le fait que la crise n’ait été que partielle sur le premier trimestre, les résultats sont déjà largement en dessous des attentes, cela peut attiser très fortement les craintes pour le deuxième trimestre», selon lui.

Mais les investisseurs se rattachaient avant tout mardi aux premières mesures de déconfinement prises dans plusieurs pays européens alors que la propagation de la COVID-19, qui a déjà fait plus de 120 000 morts dans le monde et contraint plus de la moitié de l’humanité à rester chez elle, semble ralentir de part et d’autre de l’Atlantique.

En Italie, pays européen le plus affecté par la pandémie, ou encore en Autriche, des commerces sont autorisés à rouvrir. En Espagne, malgré la poursuite du confinement, le gouvernement a autorisé les travailleurs, sous conditions strictes, à reprendre le chemin des usines et des chantiers.

En France, où la récession historique sera encore plus grave que ce qui était anticipé, avec 8% de chute du PIB prévue en 2020, la date du 11 mai est officiellement évoquée pour entamer potentiellement un déconfinement progressif.

Le FMI table pour sa part sur une contraction du PIB mondial de 3 % cette année et environ 9000 milliards $US de pertes cumulées pour l’économie en 2020 et 2021 à cause de la pandémie.

«Impulsion» donnée par la Fed

Face à ces prévisions alarmantes, les injections de liquidités massives et les mesures de soutien historiques se poursuivent dans le monde, même si nous avons «encore une vision très parcellaire de l’impact réel» de la pandémie, avance M. Baradez.

En annonçant jeudi 2300 milliards $US de nouveaux prêts destinés tout particulièrement aux entreprises et aux collectivités locales souffrant de la pandémie, la Fed a «donné une nouvelle impulsion» aux marchés, selon lui.

Car la banque centrale américaine, après avoir déjà procédé à des achats d’actifs classiques, «a tapé directement là où le marché était le plus craintif, à savoir le risque de défauts d’entreprises», note le spécialiste.

Un soulagement pourtant loin d’être uniforme sur toutes les classes d’actifs puisque le marché actions semblait en être le principal bénéficiaire.

«Les taux [d’emprunt] se redressent un peu», notamment le taux italien à dix ans, mais «sans envolée spectaculaire», fait remarquer M. Baradez, et pas de reprise en vue pour le pétrole.

Les prix de l’or noir ont dégringolé, le WTI new-yorkais chutant de plus de 10 % et le Brent londonien de près de 7 %, dans un marché inquiet de la faible demande malgré un accord dimanche soir entre les principaux pays exportateurs pour réduire leur production.

L’euro gagnait quant à lui du terrain face au dollar (+0,61 % à 1,0981 $US), le billet vert baissant avec le regain d’optimisme concernant la pandémie de COVID-19 et les récentes mesures de la Fed.