Selon les conclusions des études de l’IRIS, le transport en commun est un outil économique important. Les municipalités peuvent se servir de l’indice de revenu viable pour planifier leurs investissements en transport collectif.

Le transport en commun, un outil de lutte à la pauvreté

L’investissement dans l’amélioration du transport en commun et dans l’aménagement de réseaux de transport collectif structurants apparaît dans l’indice du revenu viable développé par l’Institut de la recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) comme un outil très efficace dans la lutte contre la pauvreté.

En ce sens, les choix faits par Gatineau dans le domaine depuis 2015, notamment en améliorant les dessertes locales et l’efficacité du Rapibus, se font ressentir dans les données de 2019. «C’est une révélation qui étonne d’année en année quand on regarde notre indicateur, indique Philippe Hurteau, chercheur à l’IRIS. Un système de transport collectif bien organisé permet aux gens de se déplacer de manière efficace sans nécessairement avoir besoin d’une voiture. Les coûts annuels d’amortissement d’une voiture sont évalués à plus de 6000 $, alors qu’une passe d’autobus ça tourne autour de 1000 $ par année. Ça fait économiser beaucoup d’argent aux gens et ça leur permet d’atteindre un niveau de vie digne plus facilement.»

Les nombreuses données compilées par l’IRIS pour confectionner l’indice du revenu viable pourraient d’ailleurs permettre aux municipalités de mieux planifier et prioriser leurs investissements en transport en commun. «Elles peuvent mieux cibler les inégalités sur le territoire et ainsi mieux planifier et prioriser leurs investissements et orientations en termes de choix dans les services publics», précise M. Hurteau.

La logique peut aussi s’appliquer sur d’autres leviers à la disposition des villes comme le logement et l’alimentation, deux éléments qui, à Gatineau, ont une incidence importante sur le revenu viable nécessaire, notamment en raison de sa position frontalière avec Ottawa. «Les autorités pourraient ainsi développer des politiques publiques d’intervention ajustées à la réalité sur le terrain», ajoute le chercheur de l’IRIS.