Le secteur forestier est frappé par une crise en Colombie-Britannique.

Le secteur de la foresterie en C.-B. fait face à un avenir incertain

VICTORIA — Le secteur forestier est frappé par une crise en Colombie-Britannique.

Il semble ne pas y avoir une journée sans l’annonce d’une mauvaise nouvelle : licenciements, fermeture temporaire ou définitive d’une usine.

En conséquence, des milliers de travailleurs, leurs proches et de nombreuses collectivités font face à un avenir incertain.

Les licenciements et les fermetures causent une douleur économique et sociale généralisée, rappelle le porte-parole de l’opposition libérale en matière de foresterie à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, John Rustad.

« C’est inimaginable de penser au carnage qui s’est déjà produit, sans parler de ce que nous réservera l’hiver prochain, dit-il. L’hiver sera très sombre. »

Il mentionne que lors d’une visite à Campbell River, le propriétaire d’un concessionnaire automobile lui a dit avoir saisi une dizaine de véhicules appartenant à des travailleurs forestiers sans emploi. Un ouvrier mis à pied a même demandé au vendeur de pouvoir garder son véhicule jusqu’à Noël en échange d’une cargaison de bois de chauffage.

Sur l’île de Vancouver, près de 2000 personnes ont été mises à pied pour une période indéterminée. L’entreprise Mosaic Forest Management a récemment annoncé la cessation de ses activités de récolte de bois d’œuvre.

Une usine appartenant à Tolko Industries, à Kelowna, fermera définitivement ses portes le 8 janvier, jetant à la rue environ 175 travailleurs. La décision de Canfor de mettre la clé à son usine de Vavenby, au nord de Kamloops, a entraîné la perte de 172 emplois dans un village d’environ 700 âmes.

Les données du ministère des Finances de la province indiquent que les recettes provenant du secteur des forêts ont dégringolé de 11 pour cent depuis le début de l’année. Le volume des récoltes de bois devrait atteindre 46 millions de mètres cubes, un creux historique.

Une entreprise, Sigurdson Forest Products, qui doit à la province 4,6 millions $ de droits de coupe a demandé au gouvernement de la province de suspendre temporairement ses paiements afin de sauver jusqu’à 200 emplois.

« SFP est une entreprise viable qui souhaite poursuivre ses activités, a écrit son président Brian Sigurdson dans une lettre envoyée à la ministre des Finances, Carole James, au premier ministre, John Horgan, et au ministre des Forêts, Doug Donaldson. Nous voulons continuer à soutenir tous nos employés, nos entreprises locales et notre collectivité. »

Il a reconnu que les droits de coupe avaient baissé de 12 % à l’intérieur des terres et de 24 % sur la côte.

Selon lui, une intervention politique dans le système de coupe pourrait aggraver les choses en Colombie-Britannique, car elle pourrait ouvrir la voie à un conflit commercial avec les producteurs forestiers des États-Unis. Les exportations de bois d’œuvre aux États-Unis sont déjà soumises à des tarifs douaniers d’environ 20 %.

Les prix bas du bois et la destruction à grande échelle des secteurs forestiers lors de l’épidémie de dendroctone du pin ponderosa et deux saisons de feux de forêt successives ont nui au secteur, a souligné M. Donaldson. — PC

« Nous comprenons l’impact du ralentissement mondial sur les économies intérieures et nous sommes déterminés à y faire face », a-t-il déclaré à l’Assemblée législative.

M. Donaldson a dit que la province avait pris des mesures afin d’accroître la production destinée aux marchés canadiens ou aux articles à valeur ajoutée.

La présidente du Conseil des industries forestières Susan Yurkovich espère un rebondissement. Elle signale que les entreprises ont toutefois besoin d’une garantie du gouvernement provincial sur la disponibilité à long terme d’une offre de bois à un coût raisonnable. L’industrie elle-même doit adopter des produits plus écologiques et devenir plus concurrentielle sur le marché mondial, a-t-elle ajouté.

« La chose la plus importante que nous puissions faire pour les collectivités en transition est de déterminer les opportunités futures pour le secteur. »