Maurice Bourbonnais, bien connu pour l’exploitation des traversiers à Masson-Cumberland, est décédé dimanche dernier.

Le propriétaire de Traversiers Bourbonnais rend l'âme

Le propriétaire de Traversiers Bourbonnais, Maurice Bourbonnais, est décédé dimanche, à l’âge de 82 ans, à la suite d’un long combat contre une maladie du foie.

L’entreprise, qui gère une flotte de six traversiers effectuant la liaison entre le secteur Masson-Angers, à Gatineau, et le village de Cumberland, en Ontario, en a fait l’annonce mardi matin, sur sa page Facebook.

« Dimanche dernier a été une journée très difficile pour la famille Bourbonnais et son équipage. Nous avons perdu notre grand capitaine Maurice Bourbonnais.... De la part de nous tous, bon voyage et veille sur nous ! Tu vas nous manquer énormément..... », peut-on lire sur le compte Facebook de l’entreprise.

Les messages de sympathies ont afflué par centaines sur le réseau social après la mise en ligne de la publication.

L’ancien député de Papineau et ministre responsable de l’Outaouais Norman MacMillan, qui était un ami et partenaire de golf de M. Bourbonnais, a réagi à la nouvelle avec tristesse, lorsque joint par Le Droit. « C’est un gars qui était très généreux avec la Fondation Santé de Papineau, les clubs sportifs de Masson et Buckingham. Tout le monde aimait Maurice. On va s’ennuyer de lui », a commenté M. MacMillan.

Maurice Bourbonnais était un « homme d’affaires très aguerri », a souligné M. MacMillan.

« Depuis 1968, on a vu les Traversiers Bourbonnais grandir et grossir, avec ses bateaux et ses brise-glaces et son service offert 365 jours par année. Dans les années 1970, personne ne pensait que c’était pour devenir ce que c’est aujourd’hui, mais Maurice et ses deux garçons (Luc et Alain) ont construit quelque chose. On peut dire que nous avons ici notre propre petit Davie, notre propre chantier maritime, comme à Lévis. C’est exceptionnel de voir ça », a confié l’ancien politicien.

Il y a quelques mois, M. MacMillan avait été embauché par la famille Bourbonnais pour être consultant et porte-parole afin d’approcher le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral pour analyser la possibilité que l’entreprise construise un pont privé payant entre les rives québécoise et ontarienne. M. MacMillan espère maintenant que cette suggestion ne tombera pas dans l’oubli.

« Ça pourrait être le futur legs de Maurice qu’on regarde au moins la possibilité d’un pont payant. Si les études démontrent que ça ne fonctionne pas, il n’y a pas de problème. La famille Bourbonnais va continuer à servir la population. Il y a quand même 800 000 automobiles et camions qui passent là chaque année, mais on ne peut pas mettre l’idée d’un pont de côté pour Masson. Il faut au moins regarder l’option », a indiqué l’ancien député de Papineau.

Le conseiller municipal du district de Masson-Angers, Marc Carrière, a aussi réagi au décès de l’homme d’affaires, soulignant le caractère « généreux » de M. Bourbonnais.

« Mes pensées vont à la famille. C’est un homme qui était généreux et toujours très souriant. On perd un homme qui a laissé sa trace et qui était très respecté. Il avait toujours la main sur le cœur et il était toujours prêt à contribuer dans la communauté », a réagi M. Carrière, mardi.

De père en fils

C’est en 1947 qu’Eugène Bourbonnais, dont la famille était originaire de Lefaivre et Plantagenet, dans l’Est ontarien, a fait l’acquisition du service de traversier reliant Montebello et Lefaivre. En 1960, Eugène Bourbonnais a construit un premier traversier en acier, un prototype qui pouvait accueillir huit voitures.

Trois ans plus tard, en 1963, le père de Maurice Bourbonnais et son partenaire d’affaires, Hector Bourgeois, ont acheté le service de traversier Masson-Cumberland des frères Lamarche.

Le flambeau entrepreneurial des Bourbonnais a été passé quelques années plus tard. En 1968, Maurice Bourbonnais a accepté la direction du traversier Masson-Cumberland. 

L’homme d’affaires, qui avait fait ses premiers pas dans le monde des traversiers à l’âge de neuf ans, était à l’époque policier au sein de la section des crimes de la Sûreté du Québec. Ayant décidé de prendre le relais de son père et de se consacrer à temps plein à l’entreprise familiale, il a quitté son emploi d’agent de la paix. Sept années plus tard, en 1975, Maurice Bourbonnais a acheté les parts d’Hector Bourgeois et est devenu propriétaire unique de l’entreprise. 

Deux ans plus tard, la compagnie a amorcé la construction de ses propres bateaux, à l’intérieur de ses ateliers du chemin Fer-à-cheval.

Les Traversiers Bourbonnais embauchent aujourd’hui une cinquantaine d’employés. En plus des six traversiers qu’elle possède et opère, l’entreprise est aussi propriétaire de deux brise-glaces.