Alexis Brunelle-Duceppe
Alexis Brunelle-Duceppe

Le programme fédéral Emplois d’été Canada ne fait pas l’unanimité

D’abord accueilli comme une bonne nouvelle au mois d’avril, alors que le gouvernement fédéral annonçait que les employeurs financés par le programme Emplois d’été Canada seraient exceptionnellement admissibles à un remboursement de subvention salariale pouvant atteindre 100 %, certains élus ont déchanté dernièrement en apprenant que l’enveloppe budgétaire prévue pour le programme ne serait pas améliorée, créant ainsi une réduction du nombre d’emplois subventionnés disponibles pour répondre à la demande.

Une situation dénoncée par Alexis Brunelle-Duceppe, député de Lac-Saint-Jean. « La chose principale, c’est qu’avec la COVID, le gouvernement a modifié les normes d’admissibilité, donc en subventionnant à 100 % les emplois privés plutôt que 50 %, sans toutefois bonifier l’enveloppe. Il y a donc beaucoup moins d’emplois subventionnés qu’à l’habitude. C’est une première en 30 ans. »

Rappelons qu’en raison de la pandémie de COVID-19, le gouvernement avait annoncé que les employeurs financés par ce programme Emplois avaient l’opportunité d’être admissibles à un remboursement de subvention salariale pouvant atteindre 100 % du salaire horaire minimum, et ce, même si les emplois offerts étaient à temps partiel.

De plus, la période pour faire l’embauche des jeunes était allongée, soit du 11 mai 2020 au 28 février 2021.

Le député du Bloc québécois avait alors bon espoir que ces nouvelles mesures viendraient aider à réduire les impacts économiques et sociaux de la COVID-19. Par contre, il déplore les délais actuels.

« Je suis rendu que j’appelle ça Emplois automne Canada. On n’a même pas reçu encore tous les emplois subventionnés officiellement, on va se ramasser au mois de juillet et ils n’auront pas encore reçu leurs subventions. »

Annuellement, le programme offre des contributions salariales pour inciter les employeurs à créer de l’emploi pour les jeunes âgés de 15 à 30 ans. Les organismes sans but lucratif et les employeurs des secteurs public et privé de 50 employés ou moins y sont admissibles.

« En prime, ils ont ajouté des secteurs admissibles qui ne l’étaient pas auparavant et les ont priorisés, comme en agriculture. Le problème que cela a créé est que ça fait moins d’emplois par rapport aux années précédentes pour les gens qui étaient habitués d’en recevoir », a expliqué le député Brunelle-Duceppe.

Selon le député bloquiste, 284 emplois auraient été accordés jusqu’à présent, alors que par le passé, le nombre oscillait plutôt entre 350 et 400 emplois.

Mario Fortin, maire de Normandin.

« Ça veut dire qu’il y a peut-être des municipalités qui se retrouvent à ne pas ouvrir leurs camps de jour. Ça amène un gros stress chez les directeurs généraux et les maires des municipalités. Ça va leur créer un trou dans le budget qu’ils n’avaient pas normalement. »

Pour lui, la solution est claire. « On demande carrément de bonifier l’enveloppe. (…) Il faut utiliser le gros bon sens et essayer d’arriver au même nombre d’emplois qu’avant. »

Normandin

À Normandin, le maire Mario Fortin confirme que jusqu’à maintenant, ses demandes pour bénéficier du programme ont été refusées.

« En 30 ans, Normandin a toujours eu des étudiants. Mais là, on est rendu à la 7e vague d’approbation et ça ne sent pas bon. (…) En moyenne, ce sont cinq étudiants qui nous sont alloués. Pour cette année, à date, c’est zéro. »

Saint-Prime

Du côté de Saint-Prime, le maire Lucien Boivin avoue ne pas être très optimiste pour le moment. « À date, ça s’annonce négatif. Je trouve ça bien triste. (…) C’est très décevant, car on a toujours eu de l’aide, surtout que cette année, M. Trudeau avait annoncé qu’il allait s’occuper des camps de jour. »

La subvention permettait l’embauche de quatre animateurs. Pour la municipalité de moins de 3000 habitants, la perte financière s’élève à 9500 $ et devra être épongée à même le budget municipal.

Saint-Félicien

À Saint-Félicien, le maire Luc Gibbons confirme que si rien ne change, le manque à gagner sera de plus de 30 000 $.

« Pour la Ville, on en avait demandé quatre et on en a eu un. Pour nos corporations, comme au Tobo-Ski, on avait fait la demande pour cinq et on en a eu zéro ! (…) On est obligé de les engager quand même, car on a de l’ouvrage à faire. Donc ça va nous coûter plus de 30 000 $. »

Dolbeau-Mistassini

La situation est bien différente à Dolbeau-Mistassini. La Ville confirme que l’organisme gestionnaire du camp de jour, Gestion Arpidôme, a reçu une réponse favorable à ses demandes, recevant ainsi un montant de 52 000 $, bon pour 12 emplois.

Richard Martel

Le député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, déplore quant à lui les délais bureaucratiques ainsi que la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE).

« Normalement, le 15 mai, tout était réglé. Tout était donné. Là, aujourd’hui, ça retarde. Les employeurs attendent toujours et ils ont de la misère à trouver les employés. J’ai un peu de difficulté avec la PCU étudiante. Les 9 milliards de dollars auraient dû être mis pour les emplois étudiants, et aussi de ne pas mettre de PCUE. Présentement, les employeurs ne trouvent pas de monde à cause de la PCUE ! On est dans le trouble avec ça. »