La Société québécoise du cannabis a décidé d’installer l’une de ses succursales de Québec au 2491, chemin Sainte-Foy, dans un local autrefois occupé par un restaurant, tout près des Halles Sainte-Foy.

Le pot à deux pas des campus inquiète

Les étudiants du Cégep de Sainte-Foy, du Collège St. Lawrence et de l’Université Laval n’auront qu’à marcher quelques minutes pour se procurer de la marijuana légale cet automne. Une proximité qui inquiète la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

«Il faut que la Société québécoise du cannabis [SQDC] s’installe à distance des cégeps. On est d’accord avec la vente du cannabis, mais sous certaines conditions. Parmi celles-ci: les points de vente ne doivent pas être près des établissements fréquentés par des mineurs», réagit Fred-William Mireault, président de la FECQ.

La majorité des jeunes qui commencent leurs études au cégep ont 17 ans, tandis que l’âge légal pour consommer du cannabis a été fixé à 18 ans au Québec. C’est pourquoi la loi québécoise encadrant la substance interdira aux adeptes d’avoir du cannabis dans leurs poches ou dans leur sac à dos lorsqu’ils se trouvent sur le terrain d’un cégep. La loi prévoit des amendes entre 250 $ et 750 $ en cas d’infraction. 

Étant donné l’existence de cette règle très stricte, M. Mireault trouve «incongru» que la SQDC ait décidé d’installer l’une de ses succursales de Québec au 2491, chemin Sainte-Foy, dans un local autrefois occupé par un restaurant, tout près des Halles Sainte-Foy. Les milliers de cégépiens qui gravitent dans le secteur y auront facilement accès, avant ou après les cours, lorsque la substance sera légalisée le 17 octobre.

«On ne vise pas nécessairement à s’installer près des cégeps et des universités, mais on vise les artères commerciales», se défend Mathieu Gaudreault, relationniste pour la SQDC.

Il n’y a pas eu de «discussions directes» entre le Cégep de Sainte-Foy ou l’Université Laval et la SQDC avant que celle-ci ne décide de l’emplacement de la succursale, la deuxième à être annoncée à Québec. L’autre succursale sera située dans le secteur Lebourgneuf.

M. Gaudreault explique que la SQDC s’entend d’abord avec les élus municipaux sur les secteurs d’une ville qui pourront accueillir une succursale. La SQDC magasine ensuite les locaux vacants et sélectionne un emplacement. «On n’est pas là pour créer de nouveaux consommateurs, mais pour inciter ceux qui consomment déjà à passer du marché illégal au marché légal.»

Aucune publicité voyante

M. Gaudreault comprend que cette légalisation vient avec «des appréhensions», mais il rappelle que les clients des SQDC devront prouver qu’ils ont plus de 18 ans à l’entrée de la succursale et non à la caisse. Il n’y aura également aucune publicité voyante et aucun produit visible de l’extérieur des succursales. 

L’Université Laval n’a pas voulu commenter directement le choix de l’emplacement de la SQDC. L’institution fait toutefois savoir qu’elle prépare sa propre politique sur le cannabis, qui encadrera la consommation sur le campus, incluant les trottoirs et les résidences. 

La SQDC prévoit avoir une vingtaine de succursales ouvertes partout au Québec le 17 octobre. L’emplacement de neuf d’entre elles a déjà été annoncé. Outre les deux endroits à Québec, il y aura des SQDC à Saint-Jean-sur-Richelieu, Mirabel, Trois-Rivières, Drummondville, Lévis, Rimouski et Montréal (Petite-Patrie).