Le transporteur JetBlue a commandé 60 Airbus A220-300, le nouveau nom de la CSeries300.

Le partenariat Bombardier/Airbus n’a pas fait pencher JetBlue vers le A220

Ce n’est pas l’arrivée d’Airbus aux commandes de la C Series qui a convaincu JetBlue de passer une importante commande de A220 - le nouveau nom du programme -, mais plutôt les caractéristiques de cet appareil.

En conférence téléphonique, mercredi, son chef de la direction financière, Steve Priest, a expliqué que le partenariat entre Bombardier et l’avionneur européen avait été un facteur secondaire de son évaluation, qui s’est étalée sur 15 mois.

«Ce n’était pas la raison principale parce que l’A220 comporte trois avantages stratégiques qui sont la flexibilité pour les marges, la portée et la compatibilité pour notre réseau», a-t-il dit.

Le transporteur à bas prix établi dans l’État de New York a annoncé mardi une commande ferme de 60 A220-300 - qui remplace le CS300 - moins de 24 heures après que le changement de nom de la C Series soit officialisé.

Les premières livraisons sont prévues en 2020 et le contrat est assorti d’options pour 60 avions additionnels. Cinq appareils devraient être livrés lors de la première année et la cadence devrait s’accélérer pour atteindre un sommet de 22 livraisons en 2024.

Selon les prix du catalogue, la portion ferme de la commande est évaluée à 5,4 milliards $ US, mais les compagnies aériennes bénéficient souvent de généreux rabais.

JetBlue a sélectionné l’A220 pour remplacer ses 60 Embraer E190, qui, selon l’entreprise, auraient nécessité d’importants investissements au cours des prochaines années afin de demeurer concurrentiels.

Toutefois, le chef de la direction financière de JetBlue a expliqué que les nouveaux 195 E-2 d’Embraer- en voie de conclure une alliance avec Boeing dans le secteur des avions commerciaux - avaient également été considérés.

«Cela a été une décision très difficile pour nous parce que les deux plateformes (l’A220 et le 195 E-2) représentaient deux avions de la prochaine génération, mais nous avons arrêté notre choix sur l’A220.»

JetBlue deviendra le premier transporteur américain à exploiter la plus grande version de l’A220, qui peut transporter jusqu’à 160 passagers. Delta Air Lines a commandé 75 A220-100.

S’il le désire, le transporteur new-yorkais pourra modifier sa commande auprès d’Airbus s’il désire obtenir des A220-100, dont la capacité est de 135 sièges, a expliqué M. Priest.

«Cela a été un élément important de notre décision, a-t-il affirmé. Cela nous offre de la flexibilité (...) pour gérer notre augmentation de capacité et nous aidera à nous concentrer sur certaines villes sans que nos activités se complexifient.»

Économies directes de 29 %

Dans une note, l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, a estimé que l’A220-300 offrait des économies directes de 29% en ce qui a trait aux coûts d’exploitation par siège par rapport à l’E190 d’Embraer.

Étant donné que JetBlue a écarté le constructeur brésilien, cela fait en sorte qu’Airbus sera l’unique fournisseur des appareils de sa flotte.

Par ailleurs, M. Priest a dit avoir bon espoir de voir les A220 livrés depuis la chaîne d’assemblage prévue aux installations d’Airbus à Mobile, en Alabama, où s’effectue l’assemblage des A321.

Il n’a toutefois pas voulu se prononcer sur la possibilité de recevoir des avions depuis Mirabel si la construction de la nouvelle ligne américaine accusait du retard.

«Nous avons confiance en notre partenaire stratégique, Airbus, a répondu M. Priest, lorsqu’interrogé. Je n’ai aucune raison de croire qu’il y aura des délais.»

Si M. Poirier ne s’est pas montré surpris de la commande passée par JetBlue puisque le transporteur avait indiqué qu’il souhaitait renouveler sa flotte, l’analyste croit cependant qu’elle confirme l’attractivité du partenariat avec Airbus.

«Avec le salon de l’aéronautique de Farnborough (qui débute lundi près de Londres), nous croyons qu’il pourrait y avoir d’autres commandes pour l’A220, ce qui viendrait confirmer l’élan du programme», a écrit l’analyste.

À la Bourse de Toronto, mercredi après-midi, le titre de Bombardier se négociait à 5,48 $, en hausse de 8,5 cents, ou 1,57 %.