Biopterre a déposé un projet de recherche visant le financement de l’implantation de vergers de noisetiers au Bas-Saint-Laurent.

Le pari de la noisette du Bas-Saint-Laurent

MATANE — À l’instar du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui est associé au bleuet, le Bas-Saint-Laurent souhaite être reconnu pour la noisette. Le pari est si sérieux que les huit MRC de la région participent au développement de cette filière.

La démarche a débuté lorsque le centre de recherche Biopterre de La Pocatière a été mandaté pour dresser un inventaire des produits forestiers non ligneux du Bas-Saint-Laurent et d’en faire un diagnostic. Or, l’organisme a rencontré les élus, des entreprises et des développeurs des huit MRC afin de dresser un portrait du secteur.

«Quand on posait la question : “Qu’est-ce qui ressemble à votre région quand on parle de produits forestiers non ligneux?”, tout le monde avait une anecdote sur la noisette ou une histoire de jeunesse», raconte le professionnel de recherche de Biopterre, Maxim Tardif.

Par la suite, une rencontre a été convoquée avec des gens intéressés par cette filière, au cours de laquelle une dizaine de produits forestiers non ligneux ont été proposés en vue d’être développés sur le territoire. «Sur la dizaine de produits, c’est la noisette qui est ressortie gagnante», indique M. Tardif.

Biopterre a alors déposé un projet de recherche visant le financement de l’implantation de vergers de noisetiers au Bas-Saint-Laurent.

«Lorsqu’on a lancé l’appel de producteurs pour démarrer le projet de recherche, on espérait avoir 10 producteurs qui allaient lever la main, souligne le chercheur. C’est 130 personnes qui ont levé la main! Il a fallu qu’on fasse une sélection.» Finalement, 22 producteurs ont été choisis. Sur un horizon de 10 ans, le comité mis en place pour l’avancement du projet a pour cible de cultiver 250 hectares de vergers. Mais avant d’en arriver là, les résultats de la recherche orienteront le réseau de producteurs.

«Étant une région plus froide, on doit tester différents cultivars pour identifier les plus porteurs et pour avoir un maximum de production», souligne Maxim Tardif. 

Il croit que le Bas-Saint-Laurent a le potentiel pour devenir une région qu’on identifiera à la noisette. «Quand on parle dans nos milieux, c’est une image qu’on utilise», indique M. Tardif. Même si la noisette pousse naturellement dans différentes régions du Québec et qu’il y a des initiatives personnelles ailleurs pour faire pousser des noisetiers, il estime que le projet bas-laurentien est novateur dans le fait qu’il fédère les huit MRC de la région et qu’il fasse l’objet d’un réseau. 

Au Canada, 90 % des noisettes vendues proviennent de l’international et représentaient, en 2015, des importations de 186 millions $.