Les commissaires du Nebraska ont approuvé le projet par un vote de trois voix contre deux, mais en imposant à l’oléoduc Keystone XL un tracé différent de celui privilégié par TransCanada.

Le Nebraska approuve le projet d’oléoduc Keystone XL

CALGARY — La régie des services publics du Nebraska a approuvé lundi le passage, dans son État, de l’oléoduc Keystone XL, de la société TransCanada, mais sur un tracé différent de celui privilégié par l’entreprise.

Le projet de pipeline, évalué à 10 milliards$, avait été rejeté par le président américain Barack Obama en 2015 après des années d’études. Son successeur Donald Trump l’a cependant relancé en mars en lui accordant son appui, en faisant valoir que le pipeline créerait des emplois et réduirait la dépendance aux sources étrangères de pétrole.

Ce changement de cap fédéral ne laissait plus qu’un obstacle sur le chemin de Keystone XL : l’approbation du Nebraska, où des propriétaires de terrains ont contesté la stratégie de TransCanada et forcé l’entreprise à obtenir le feu vert de la régie des services publics de l’État.

Les commissaires ont approuvé le projet par un vote de trois voix contre deux, mais en imposant à l’oléoduc un virage à l’est dans sa portion la plus au sud, pour l’aligner davantage sur le pipeline existant de la société au Nebraska. Ce changement éloigne notamment la canalisation de certaines régions à l’écologie plus fragile.

Dans leur décision écrite, les commissaires ont estimé que le rapprochement avec l’oléoduc déjà en place permettait notamment de maximiser les ressources de surveillance et d’amoindrir l’impact sur certaines espèces menacées.

En outre, le tracé accepté par la régie n’est plus long que de huit kilomètres à celui privilégié par TransCanada, ont-ils poursuivi, et l’entreprise leur avait indiqué qu’il s’agissait tout de même d’une option viable.

Le chef de la direction de TransCanada (TSX:TRP), Russ Girling, a indiqué dans un communiqué que l’entreprise étudiait la décision de la régie.

«Nous allons faire une étude minutieuse de la décision de la régie des services publics, tout en évaluant dans quelle mesure elle aura un impact sur le coût et l’échéancier du projet», a-t-il indiqué.

La commissaire Crystal Rhoades, qui a voté contre le projet, a estimé que le tracé alternatif n’en faisait pas assez pour répondre à ses inquiétudes. Selon elle, TransCanada aurait dû être forcée d’utiliser encore une plus grande partie du corridor de son pipeline existant, une proposition qui aurait ajouté 84 kilomètres à son tracé.

«Le requérant n’a pas réfuté l’argumentaire des propriétaires de terres, selon lequel un recours à Keystone éviterait les terres fragiles, réduirait l’impact sur les espèces menacées et éviterait la controverse généralisée et l’opposition à ce projet.»

La lutte se poursuit

Des environnementalistes, des propriétaires de terrains, les Premières Nations et d’autres groupes opposés au projet se sont réjouis de l’obstacle que pourrait représenter le nouveau tracé, tout en s’engageant à poursuivre la lutte contre le projet devant les tribunaux et sur le terrain.

«Malgré l’approbation conditionnelle pour un tracé alternatif pour Keystone XL, cet oléoduc ne sera jamais construit. Les enjeux sont trop nombreux pour permettre à ce projet sale et dangereux d’aller de l’avant», a estimé Todd Paglia, directeur général de Stand.earth.

La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a bien accueilli la nouvelle. Elle a estimé que la capacité de 830 000 barils de pétrole par jour de l’oléoduc fournirait aux producteurs de la province un accès moins dispendieux aux marchés américains, mais que le Canada avait toujours besoin de nouvelles canalisations pour rejoindre de nouveaux marchés.