La Banque du Canada affirme que le moral des entreprises n’est plus aussi solide qu’il ne l’était récemment.

Le moral des sociétés est moins solide que l’an dernier, dit la Banque du Canada

Le moral des entreprises n’est plus aussi solide qu’il ne l’était récemment, leurs dirigeants soulignant l’incertitude entourant le commerce mondial, le secteur de l’habitation et l’industrie de l’énergie, a indiqué lundi la Banque du Canada dans un nouveau rapport.

Pour la première fois depuis le troisième trimestre de 2016, la mesure prise par la banque centrale pour évaluer le climat du monde des affaires a retraité, s’éloignant des sommets quasi records atteints l’an dernier.

«L’indicateur de l’enquête a reculé par rapport au niveau très positif où il se situait lors de l’enquête de l’hiver, et il est dorénavant légèrement négatif», a expliqué la Banque du Canada dans sa plus récente enquête trimestrielle réalisée auprès des responsables d’une centaine d’entreprises.

Cette enquête, basée sur des entretiens menés de la fin février au début mars, survient après que la croissance économique canadienne a connu un net ralentissement au cours des trois derniers mois de 2018, en raison de la chute des prix du pétrole.

Le rythme de croissance des ventes a «un peu ralenti» au cours des 12 derniers mois, après une année de «forte progression», a observé la banque centrale.

Les dirigeants étaient plus optimistes pour l’avenir, estimant que la croissance des ventes serait «un peu plus rapide» au cours de l’année à venir. Les perspectives plus favorables étaient largement répandues parmi les entreprises du secteur des services, notamment celles des technologies de l’information et des transports.

«Les attentes des entreprises quant à la croissance des ventes restent positives mais se sont modérées, plusieurs entreprises se montrant moins optimistes à l’égard de l’évolution de la demande», a indiqué le rapport.

«La situation est principalement attribuable à des perspectives plus incertaines dans le secteur énergétique de l’Ouest canadien, à la faiblesse persistante de l’activité liée au marché de l’habitation dans certaines régions et aux effets tangibles des tensions entourant les échanges mondiaux.»

L’enquête a également révélé que les inquiétudes suscitées par la pénurie de main-d’?uvre avaient diminué, même si les entreprises indiquent toujours qu’il est plus difficile de trouver des travailleurs que 12 mois plus tôt.

À l’extérieur des Prairies, où la dépendance au secteur de l’énergie est plus forte, les intentions d’investissement et d’embauche ont bien résisté, en particulier dans le secteur des services.

«Même si la confiance des entreprises s’est un peu affaiblie, les intentions d’investissement en machines et matériel restent vigoureuses dans la plupart des régions et continuent de laisser augurer une montée des investissements au cours des 12 prochains mois», a expliqué la banque centrale.

Espoir de reprise des investissements

Pedro Antunes, économiste en chef du Conference Board du Canada, dit avoir bon espoir de voir un revirement dans le secteur crucial de l’investissement, sans quoi il ne sait pas ce qui stimulera l’économie en 2019 et 2020.

«Je pense qu’il y a encore beaucoup d’inquiétude pour les entreprises canadiennes et que nous devons résoudre certains de ces problèmes», a fait valoir M. Antunes, dont l’équipe mène ses propres enquêtes de confiance.

Il a énuméré les défis du secteur pétrolier, notamment les difficultés d’exportation de produits hors de la région, ainsi que les préoccupations plus générales quant à la compétitivité du Canada pour attirer les investissements, compte tenu de la réduction de l’impôt des sociétés aux États-Unis.

Les économistes de la Banque TD, Brian DePratto et Ksenia Bushmeneva, ont écrit dans une note de recherche publiée lundi que, même si la baisse de moral du milieu des affaires allait certainement attirer l’attention, les détails contenus dans le rapport étaient un peu plus encourageants.

«Les indicateurs de la demande restent en territoire positif et le solde des opinions sur les dépenses en capital reste solide», ont-ils écrit.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a affirmé que l’économie avait besoin plus longtemps du coup de pouce des faibles taux d’intérêt, pour l’aider à surmonter les défis intérieurs et mondiaux. Il a prédit que la récente faiblesse économique du pays ne serait que temporaire.