Le Festibière de Gatineau n’aura pas laissé ses adeptes assoiffés trop longtemps.

Le Festibière emménage sur le site Zibi

Le Festibière de Gatineau n’aura pas laissé ses adeptes assoiffés trop longtemps. Les organisateurs de l’événement brassicole ouvrent dès vendredi une terrasse sur le site Zibi.

« On donne une deuxième vie au Festibière qui est, selon nous, trop court depuis plusieurs années », a expliqué jeudi le cofondateur de l’événement, Alex Van Dieren.

Le Festibière d’été s’est déroulé en juin à la Place des festivals sur le megasite immobilier en construction Zibi, à un jet de pierre de la terrasse. Cette dernière est intégrée à un immeuble à condos de la rue Jos-Montferrand.

La terrasse, en bordure de la rivière des Outaouais, offre une vue imprenable sur le centre-ville d’Ottawa. Les clients pourront siroter une cervoise à l’intérieur si le temps est maussade, et déguster un plat soigneusement préparé par Olivia Bistro.

Le mobilier de la terrasse est notamment composé de meubles recyclés ou usagés.

« C’est important pour Zibi d’être écologique », a spécifié M. Van Dieren.

La terrasse sera ouverte de 11 h à 22 h, du jeudi au dimanche jusqu’à la mi-septembre, voire même jusqu’en octobre, si la température le permet.

Le concept de cette terrasse sera de faire la promotion des produits de microbrasseries des régions du Québec. La première fin de semaine met en vedette le savoir-faire des brasseurs artisanaux de l’Outaouais.

M. Van Dieren a voulu se faire rassurant pour les locataires de l’immeuble qui pourraient être incommodés par le bruit.

« En fin de compte, ce qu’on cherche est d’avoir un endroit pour socialiser. C’est une ambiance de 5 à 7 qu’on cherche à avoir », a-t-il expliqué.

Du Vieux-Hull à Zibi ?

Avec le Festibière, et le Petit Chicago qui a prévu de s’y établir, le site Zibi risque-t-il de déshabiller le quartier commercial du Vieux-Hull ? Pas selon le promoteur du projet immobilier ni selon Vision centre-ville.

Les deux organisations estiment que le Vieux-Hull et Zibi s’imbriquent. Zibi considère d’ailleurs faire partie du Vieux-Hull.

« Il y a encore une grande partie de la population d’Ottawa qui ne fait pas le saut de l’autre côté du pont et qui le devrait. Nous avons le pouvoir d’avoir une grande visibilité, un pouvoir d’attraction, a fait valoir Scott Simpson, chef de la division Communautés et événements chez Zibi. Nous voulons faire la promotion de ce qu’il y a ici, nous voulons bonifier l’offre, pas la cannibaliser. »

M. Simpson précise que Zibi travaille déjà avec des commerces du Vieux-Hull, et que le promoteur veut continuer cette collaboration. La vision de Zibi est d’attirer des commerces qui n’ont pas pignon sur rue dans le Vieux-Hull, comme une épicerie et une boulangerie, par exemple. « Personne gagne si des entreprises ferment à nos dépens », a-t-il spécifié.

Dans une échéance d’environ 15 ans, l’écoquartier Zibi devrait compter plus de 5000 résidants, des places publiques, des esplanades et des commerces. Le directeur général de Vision centre-ville, Stefan Psenak, croit qu’il faut profiter de cette manne qu’est et que sera Zibi dans les années à venir.

« La présence d’activités à Zibi, notamment le Cirque du Soleil il y a deux ans, et ce sera la même chose cette année, a un impact positif considérable sur la promenade du Portage, sur la rue Laval et ailleurs. On travaille de près. On a eu beaucoup de rencontres au fil des ans avec les différents intervenants du projet Zibi », a expliqué M. Psenak.

M. Psenak croit que ce développement immobilier de très grande envergure échelonné sur plusieurs années finira par être une porte d’entrée formidable pour le centre-ville de Gatineau, d’où l’importance de créer des liens entre les différents partenaires, mais aussi des liens physiques d’embellissement, comme les travaux qui se font sur Laval, Aubry et Kent.

« Je serais personnellement inquiet s’il n’y avait que Zibi qui était en train de lever et qu’il n’y avait pas de discussions. Mais non. Tout le monde se parle, tout le monde veut travailler ensemble », a continué M. Psenak.

Le secteur est chanceux, affirme M. Psenak, puisque ce sont des intérêts locaux et régionaux qui construisent le site Zibi et au centre-ville de Gatineau.

« Nous ne sommes pas envahis par des gens de l’extérieur qui n’ont aucune racine ici. Il y a plusieurs grands groupes immobiliers dans la région, et ce sont eux qui développent. C’est réjouissant », a-t-il souligné.