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Le CRTC facilite la concurrence pour les petits fournisseurs de services sans fil.
Le CRTC facilite la concurrence pour les petits fournisseurs de services sans fil.

Le CRTC facilite la concurrence pour les petits fournisseurs de services sans fil

David Paddon
La Presse Canadienne
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Les grands fournisseurs de services sans fil mobiles au pays ont essuyé un important revers, jeudi, alors que le CRTC a rendu des ordonnances qui faciliteront la concurrence pour leurs petits concurrents, ce qui devrait réduire la facture mensuelle pour les consommateurs.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a finalement retenu bon nombre des recommandations des groupes de consommateurs et des «exploitants de réseau mobile virtuel», qui se servent des réseaux d’un autre fournisseur de services sans fil «dans les régions où la concurrence est limitée».

Cela signifie que ces petits fournisseurs paient un prix de gros pour accéder aux grands réseaux tout en conservant une clientèle distincte.

Le CRTC a également accordé trois mois à Bell, Rogers et Telus - en plus de la société gouvernementale SaskTel - pour offrir des forfaits plus abordables aux personnes âgées ou à faible revenu, ainsi qu’à ceux qui utilisent peu leurs appareils mobiles.

Jusqu’à présent, les trois géants s’opposaient farouchement à ces «exploitants de réseau mobile virtuel», qu’ils décrivent comme des entreprises recherchant les avantages d’un réseau national sans payer les coûts de construction et de maintenance d’une telle infrastructure.

«Bien qu’il y ait des signes encourageants d’une tendance à la baisse des prix, nous devons accélérer la concurrence et la mise en place d’options plus abordables pour les Canadiens», a affirmé dans un communiqué le président et premier dirigeant du CRTC, Ian Scott.

Les nouvelles règles permettront d’offrir un plus grand choix et des services sans fil mobiles moins coûteux aux Canadiens, a-t-il ajouté.


« Il est également important de veiller à ce que les fournisseurs de services sans fil continuent d’investir dans leurs réseaux actuels et de déployer leurs réseaux 5G »
Ian Scott, président et premier dirigeant du CRTC


Questionné à savoir si les Canadiens moyens verront réellement les prix baisser plus rapidement, M. Scott a dit croire que ce serait le cas - mais certains consommateurs et marchés verront plus de changements que d’autres.

«Tous les tarifs ne descendent pas à la même vitesse. Toutes les régions ne vivent pas la même situation», a déclaré M. Scott dans une entrevue.

Il a affirmé que le prix des forfaits les plus chers a baissé davantage que celui des forfaits de milieu de gamme. Et les forfaits bas de gamme ont été largement ignorés, c’est pourquoi ils sont désormais exigés des plus grands fournisseurs.

«Le Québec a des tarifs sans fil plus bas que partout ailleurs au pays, en moyenne. Pourquoi? Parce que Vidéotron a été un concurrent vraiment efficace dans la majeure partie de la province. C’est ce que nous voulons reproduire partout», a souligné M. Scott.

En plus des réseaux sans fil nationaux détenus par Bell Canada, Rogers et Telus, il existe plusieurs plus petits fournisseurs. Ceux-ci comprennent notamment Vidéotron, appartenant à Québecor, qui est surtout présent au Québec, ainsi que la société privée Eastlink, dans les provinces atlantiques, et SaskTel, propriété du gouvernement de la Saskatchewan.

Shaw Communications, propriétaire du service sans fil Freedom Mobile, était considéré comme un de ces plus petits fournisseurs régionaux, mais son avenir est incertain depuis que Shaw a accepté, le mois dernier, d’être rachetée par Rogers.

L’entente entre Rogers et Shaw est assujettie à diverses approbations fédérales, y compris à celle du CRTC.

Bell, Rogers et Telus comptent pour plus de 90 % des abonnés de services sans fil au pays.

Des communiqués publiés par Bell et Telus après la décision du CRTC en disaient peu sur ses détails, mais soulignaient qu’ils travaillaient déjà à fournir un bon service abordable aux Canadiens.

«Alors que nous étudions la décision et considérons nos options, Bell se concentre toujours sur le service à nos clients sans fil avec une gamme complète d’options de tarification abordables», a déclaré le porte-parole Nathan Gibson dans un courriel.

«Telus continue d’examiner en détail la décision du CRTC d’aujourd’hui», a déclaré le porte-parole Richard Gilhooey dans un courriel.

«Nous continuons de tirer parti de notre vaste infrastructure de réseau pour combler les fractures numériques et socio-économiques grâce à nos programmes internet haute vitesse à faible coût et Mobilité pour l’avenir pour soutenir les aînés, les familles et les jeunes canadiens à faible revenu», a dit M. Gilhooey.

Une déclaration de Rogers n’était pas disponible dans l’immédiat.

La décision du CRTC fait suite à des mois de recherches et de consultations, dont neuf jours d’audiences publiques.

Laura Tribe, du groupe de défense des consommateurs OpenMedia, estime que les mesures ne vont pas assez loin.

«Je pense que c’est incroyablement décevant et une énorme occasion manquée pour le CRTC», a déclaré Mme Tribe.

«On s’attend encore à ce qu’un fournisseur régional suffise à corriger la part de marché extrême de Bell, Telus et Rogers.»