Le cofondateur de David’s Tea, Herschel Segal (à gauche), se dit « préoccupé et frustré » par la situation actuelle au sein de son entreprise.

Le cofondateur de David’s Tea s’en prend au conseil d’administration

MONTRÉAL —Le cofondateur des Thés David’s Tea, Herschel Segal, reproche au conseil d’administration de faire passer les intérêts de trois importants actionnaires avant ceux des autres propriétaires du détaillant.

Alors que la chaîne tente de sortir la tête de l’eau, l’homme d’affaires de 87 ans estime que d’importantes ressources ont été consacrées pour évaluer une série d’options stratégiques, incluant une vente de la compagnie.

« Je suis préoccupé et frustré par la situation actuelle, notamment parce que la situation financière s’est détériorée au cours de la dernière année, fait-il valoir dans une lettre envoyée aux actionnaires et déposée auprès des autorités réglementaires. Il est urgent d’agir pour redresser la barre. »

Cette missive accompagne des documents qui constituent la réplique de M. Segal au conseil d’administration, qui s’en est pris à son bilan alors qu’un vote déterminant pour l’avenir du marchand de thé est prévu lors de son assemblée annuelle du 14 juin.

Après avoir démissionné comme administrateur en mars dernier, le fondateur du détaillant de vêtements Le Château a proposé sept candidats – dont lui-même – dans le but de former le prochain conseil.

Par l’entremise de sa société Placements Mauvais Jours, M. Segal est le plus important actionnaire de David’s Tea avec environ 46,4 pour cent des titres en circulation.

M. Segal reproche à l’équipe de direction d’avoir pris, au fil du temps, une série de décisions avec lesquelles il était en profond désaccord. David’s Tea a raté son expansion aux États-Unis et ses activités canadiennes n’ont pas reçu l’attention nécessaire pour poursuivre leur élan, estime-t-il.

De plus, l’équipe de direction a mis trop de temps à s’intéresser aux ventes en ligne. M. Segal s’est désolé de constater que seulement 12,2 pour cent du chiffre d’affaires total était tiré des achats réalisés en ligne par des consommateurs.

« David’s Tea n’a pas su s’adapter à cette importante tendance, fait-il valoir. La direction n’a pas été capable d’allouer les ressources nécessaires (pour stimuler) le commerce électronique et les autres sources de revenus. »

Lors de son plus récent exercice, la chaîne a affiché une perte nette de 28,5 millions $, ou 1,11 $ par action, alors qu’elle avait été de 3,66 millions $, ou 15 cents par action, un an plus tôt. Ses ventes sont passées de 216 millions $ à 224 millions $.

Dans le but de redresser la barre, le cofondateur du marchand de thé propose entre autres d’ouvrir plus de magasins au Canada, où la marque jouit d’une bonne réputation, et repenser les façons de faire du secteur des achats.

Il suggère également de continuer à réduire les coûts, ce qui se traduirait par une diminution du nombre d’employés au siège social.

Le conseil de David’s Tea, qui s’oppose au plan de son cofondateur, bénéficie de l’appui de Porchlight Equity Management, TDM Asset Management PTY et Edgepoint Wealth Management, qui contrôlent ensemble 36,5 pour cent des actions.

Depuis son entrée au Nasdaq, en juin 2015, le marchand de thé fait face à des problèmes de rentabilité. Le détaillant a remanié sa haute direction à plusieurs reprises avant que Joel Silver devienne son président et chef de la direction, il y a un an.