Un avion de la C Series de Bombardier.

Le changement de nom de la C Series est pour bientôt, dit le patron d’Airbus

MIRABEL, Qc - Le nom de la C Series devrait rapidement changer maintenant qu’Airbus est installé aux commandes de cet avion développé par Bombardier, a affirmé mercredi le chef de la direction du géant européen, Tom Enders.

«Nous travaillons là-dessus, je vous dirais dans un avenir rapproché», a-t-il expliqué au cours d’une mêlée de presse en marge d’un événement qui se déroulait dans un hangar de Mirabel devant quelque 3000 travailleurs affectés à ce programme.

Pour l’occasion, les dirigeants de Bombardier et Airbus, ainsi que des représentants des gouvernements provincial et fédéral, ont souligné la prise de contrôle de la C Series en vigueur depuis dimanche et qui permet au géant européen d’être l’actionnaire majoritaire du programme sans avoir eu à verser un sou.

M. Enders n’a pas dit quand le changement surviendrait, mais l’annonce pourrait être effectuée dès mardi prochain, à Toulouse, où Airbus prévoit un événement afin de souligner l’arrivée de la C Series dans son portefeuille de produits.

D’après divers reportages, l’avionneur européen opterait pour la famille «A200». Les noms «A210» et «A230» pourraient ainsi remplacer les CS100 et CS300 - les deux versions de la C Series - afin d’harmoniser l’avion aux autres gammes d’Airbus.

Commandes et économies

Si les représentants d’Airbus ont répété à plus d’une reprise leur intention de réduire de façon importante les coûts de production de la C Series, M. Enders a également laissé entendre que de nouvelles commandes pourraient être annoncées bientôt.

«Je suis convaincu que vous verrez les premiers résultats au cours des prochaines semaines alors que nous allons à Farnborough», a-t-il dit, en référence à ce salon aéronautique qui débutera le 16 juillet à proximité de Londres, au Royaume-Uni.

Les ambitions d’Airbus visant à réaliser des économies avec la C Series étaient déjà connues, mais M. Enders ainsi que le nouveau responsable du programme, Philippe Balducchi, n’ont pas raté l’occasion de rappeler aux quelque 3000 employés présents à l’événement que tous allaient devoir mettre l’épaule à la roue.

Afin d’obtenir des concessions au niveau des prix, l’avionneur européen compte faire miroiter une hausse des volumes découlant d’une accélération des ventes de la C Series dans le segment des appareils de 100 à 150 places.

«L’idée est de créer ce cercle vertueux, soit d’avoir plus de commandes, réduire les coûts et améliorer la production, a dit M. Balducchi. Ce n’est pas une critique à l’endroit de Bombardier. C’est la situation telle qu’elle est et il faut l’améliorer.»

Devant les employés, ce dernier a martelé l’urgence d’améliorer la compétitivité du programme, ne manquant pas de souligner qu’Embraer et Boeing semblaient discuter d’une éventuelle alliance dans le secteur des avions commerciaux - ce qui viendra concurrencer la C Series.

Pour sa part, le président et chef de la direction de l’avionneur québécois, Alain Bellemare, a rappelé que l’empreinte d’Airbus était beaucoup plus importante, ce qui fait qu’il est plus facile pour ce géant de réaliser des économies d’échelle.

«Cela fait partie de la création de valeur dans le programme de la C Series», a-t-il dit, aux côtés de MM. Enders et Balducchi.

Pas d’inquiétudes... pour l’instant

Selon M. Enders, les mesures protectionnistes américaines qui font grimper les prix de l’acier et de l’aluminium ne représentent pas un problème à court terme pour la C Series. Le grand patron d’Airbus espère toutefois que l’on évitera une escalade des tensions commerciales.

Interrogé, celui-ci a expliqué qu’à moyen terme, les mesures de rétorsion entre les pays pouvaient avoir une incidence négative sur le trafic aérien. M. Enders s’est toutefois montré encouragé de voir des compagnies américaines s’opposer aux politiques commerciales de l’administration Trump.

«Je crois que cela fera une différence», a-t-il dit.

À la Bourse de Toronto, l’action de Bombardier a clôturé à 5,01 $, en recul de six cents, ou 1,18 pour cent.