Le pari de la société d’État est que la tablette portative rendre l’expérience plus attrayante afin d’attirer une nouvelle clientèle.

Le bingo électronique débarque à Québec

Après plusieurs mois, Loto-Québec passe de la parole aux actes. La société d’État, qui souhaite donner un second souffle à l’industrie du bingo, complétera aujourd’hui dans la capitale le lancement de son projet-pilote de bingo électronique.

Il aura fallu plus de deux ans avant que le chantier prenne forme. Pour se rafraîchir la mémoire, le gouvernement avait donné son aval au projet au printemps 2016, suivant les traces d’autres provinces, comme l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique, ainsi que des états américains.

«Nous avons décidé de prendre du temps supplémentaire pour bien choisir la solution technologique, adapter et tester celle-ci avec le fournisseur et nos gestionnaires de salles, et bien gérer l’arrivée de cette nouveauté», explique dans un courriel le directeur corporatif chez Loto-Québec, Patrice Lavoie.

Le pari de la société d’État et de Québec est que la tablette portative rendre l’expérience plus attrayante et divertissante afin d’attirer une nouvelle clientèle. L’âge moyen des joueurs est actuellement d’environ 60 ans.

Depuis octobre, la technologie a été implantée à Laval (Bingo Saint-Vincent de Paul), à Joliette (Jolodium), à Repentigny (Aréna de Repentigny) et à Longueuil (Place Desaulnier). L’ouverture de la salle de Québec, soit au Bingo des chutes, est prévue pour le 5 décembre. Le projet-pilote devrait durer un an.

«Loto-Québec, de concert avec l’industrie et le Secrétariat du bingo, a choisi d’implanter un projet-pilote de bingo électronique afin de revitaliser une industrie en déclin, qui est une source importante de revenus pour de nombreux organismes sans but lucratif (OSBL)», note M. Lavoie, précisant que 100 % des profits aboutiront dans les coffres des OSBL.

Il mentionne également que les consommateurs sont au rendez-vous dans les endroits où le produit est déjà implanté.

En 2017, lors d’entrevue avec différents médias, le Secrétariat du bingo indiquait que les revenus annuels générés par son industrie avaient diminué de 100 millions $ entre 2009 et 2014. De 274 millions $, les recettes sont passées à 174 millions $. Il faut dire qu’en 2013 «plus du tiers des OSBL tiraient plus de 50 % de leurs revenus du bingo». 

Le nombre de visites a également chuté d’environ 10 % par année depuis 2009 dans les salles de bingo de la province, avance comme données Loto-Québec, «ce qui a entraîné d’importantes baisses de revenus».

Le nombre de salles a aussi été victime du déclin de l’industrie, soit une baisse de 74 % entre 1997 et 2017. 

L’ouverture du Bingo des chutes est prévue pour le 5 décembre.

Les deux offres

Malgré l’implantation de cette nouvelle technologie dans cinq établissements de la province, Loto-Québec tient à préciser que les joueurs vont toujours pouvoir profiter du bingo traditionnel avec des cartes de jeu en papier.

L’un des avantages d’offrir ce type de bingo, c’est le fait que les cagnottes devraient être plus alléchantes au cours des prochains mois, puisque les salles de jeux sont reliées entre elles.

Responsable du nouveau système, la Société des établissements de jeux du Québec, une filiale de Loto-Québec, pourrait prolonger le projet-pilote de 6 à 12 mois, si elle le juge nécessaire. 

Si les résultats s’avèrent positifs, Loto-Québec analysera par la suite la possibilité d’introduire un réseau de salles de bingo électronique à travers la province. 

C’est le fournisseur américain d’équipements Planet Bingo qui a été mandaté pour fournir la technologie nécessaire pour le développement de la nouvelle offre de jeu.