La main-d’oeuvre qualifiée se fait rare pour les fermes laitières de l’Est ontarien. Les travailleurs étrangers ont parfois la lourde tâche d’assurer la pérennité du personnel.
La main-d’oeuvre qualifiée se fait rare pour les fermes laitières de l’Est ontarien. Les travailleurs étrangers ont parfois la lourde tâche d’assurer la pérennité du personnel.

L’aide citoyenne, loin d’être la solution miracle pour l’industrie laitière de l’Est ontarien

La main-d’oeuvre qualifiée se fait rare pour les fermes laitières de l’Est ontarien. Les travailleurs étrangers ont parfois la lourde tâche d’assurer la pérennité du personnel. Les citoyens volontaires invités à aider le milieu agricole sont peu nombreux et n’ont parfois pas les qualifications requises pour pallier au manque.

Marie Gaubeau emploie annuellement huit travailleurs guatémaltèques dans sa ferme laitière La Gantoise inc. située à Lefaivre, dans l’Est ontarien. Pour l’instant, elle se compte chanceuse. De retour de vacances dans leur pays d’origine, seulement deux de ses travailleurs étrangers sont en quarantaine préventive, mais seront opérationnels dans deux semaines. La main-d’oeuvre de la ferme se porte bien.

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Mais tout peut basculer rapidement. Si Mme Gaubeau venait à perdre des travailleurs au détriment de la COVID-19, ses options pour remédier à son manque de personnel seraient limitées, s’inquiète-t-elle. «Il suffit qu’il y en aille un qui tombe au combat.»

L’UCFO mentionne ne pas ressentir un engouement élevé de la population à intégrer les travaux à la ferme.

Les citoyens volontaires voulant aider sur les fermes pendant la crise doivent comprendre le travail que ça implique, précise Mme Gaubeau. «Les gens ont cette perception que c’est un milieu ingrat, mais c’est plus que des efforts physiques. Il faut savoir ce qu’on fait, comment on le fait. Les gens pleins de bonne volonté, mais sans expérience, ça ne va pas m’avancer beaucoup.»


« Le problème est d’avoir accès à des gens qualifiés ou qui sont capables de s’adapter aux méthodes de travail qui ne sont parfois pas toujours évidentes »
Nadia Carrier

Selon le directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Danik Lafond, l’Est ontarien est un joueur d’importance dans la province quant à la production laitière. Cependant, ce type d’industrie agroalimentaire requiert une grande expertise. «C’est très technique comme approche. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être capable de faire ce travail-là.»

« Le problème est d’avoir accès à des gens qualifiés ou qui sont capables de s’adapter aux méthodes de travail qui ne sont parfois pas toujours évidentes», ajoute Nadia Carrier, coordinatrice et professeur en techniques agricoles au collège La Cité. Selon l’enseignante, même les étudiants en techniques agricoles qui apprennent les rudiments du métier ne sont présentement pas garants d’aide non plus pour les agriculteurs en besoin de main-d’oeuvre locale. Bien que certains étudiants soient déjà en stage, plusieurs ne se sentent pas à l’aise d’aller sur les fermes dans le contexte de pandémie, ajoute-t-elle. D’autant plus que cette aide étudiante, souligne Marie Gaubeau, bien qu’appréciée, demeure obsolète. «J’ai une étudiante en stage présentement. Si tout va bien pour elle, en septembre elle retourne à l’université. On n’est pas plus avancés.»

L’UCFO mentionne également ne pas ressentir un engouement élevé de la population à intégrer les travaux à la ferme. «Il semble y avoir un fossé qui sépare le potentiel d’avoir des travailleurs pour les agriculteurs et la réalité. Il y a le contexte présentement qui n’agit pas en agent facilitateur là-dedans. Il n’y a pas beaucoup de gens qui frappent à la porte», ajoute M. Lafond.