Depuis 2015, Aimia s’est délestée de plusieurs actifs, dont le programme Nectar récemment, et a réduit de moitié, à environ 1600 personnes, la taille de son effectif mondial.

L'action d'Aimia plonge après des réductions de coûts

L’exploitant du programme de fidélisation Aéroplan a l’intention de poursuivre ses efforts de réduction de coûts alors qu’il se prépare à la fin de son partenariat de longue date avec Air Canada prévue pour 2020.

Depuis 2015, Aimia s’est délestée de plusieurs actifs, dont le programme Nectar récemment, et a réduit de moitié, à environ 1600 personnes, la taille de son effectif mondial.

L’entreprise établie à Montréal entend continuer à économiser 70 millions $ par année d’ici 2019 alors qu’elle anticipe une baisse de la facturation cette année ainsi qu’une hausse du nombre de milles échangés.

Son président et chef de la direction, David Johnston, estime que les efforts pour simplifier le modèle d’affaires peuvent générer des économies qui ne se traduisent pas par des réductions de l’effectif.

«Il y a des initiatives que nous mettons de l’avant à l’interne, comme dans les technologies, alors je n’envisage pas d’autres compressions d’envergure», a-t-il dit, jeudi, au cours d’un entretien téléphonique.

Néanmoins, le titre de l’entreprise a plongé jeudi de plus de 28 pour cent à la Bourse de Toronto, après le dévoilement d’une perte nette de 214,7 millions $ au quatrième trimestre, attribuable notamment à une charge liée à la vente du programme Nectar.

L’action d’Aimia a cédé 67 cents sur le parquet torontois, pour clôturer 1,71 $.

M. Johnston n’a pas voulu commenter la performance du titre, indiquant que les résultats de 2017 avaient été bons malgré les questions soulevées sur l’avenir d’Aimia à la suite de la décision prise par Air Canada en mai dernier.

«Les équipes d’Aéroplan et d’Aimia ont livré d’excellents résultats dans ce qui a été sans contredit une année difficile», a-t-il dit.

À l’origine, Aéroplan était le programme de fidélisation d’Air Canada. Il a été essaimé en tant qu’entreprise indépendante et est depuis devenu Aimia. Son nombre de membres et ses services ont pris du volume avec les années.

Détails à venir

Au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes, le patron d’Aimia a expliqué que la compagnie avait l’intention, au cours des prochains mois, de dévoiler les changements qu’elle compte apporter à Aéroplan après 2020.

La société désire miser sur une offre de primes-voyage échangeables auprès de nombreuses compagnies aériennes contre des vols intérieurs, transfrontaliers et internationaux et une bonification de l’expérience des membres.

Le nombre de milles Aéroplan échangés a grimpé de sept pour cent au cours des six derniers mois par rapport à la même période en 2016. Au quatrième trimestre, la progression a été de 9,9 pour cent.

«Au-delà de la cible de 70 millions $ (d’économies), un plus grand effort au chapitre de la réduction des coûts est inévitable afin d’atténuer la pression sur les profits à court terme, a estimé l’analyste Adam Shine, de la Financière Banque Nationale, dans une note. Les ventes d’actifs devraient se poursuivre.»

Par ailleurs, Mittleman Investment Management, déjà actionnaire d’Aimia, a bonifié à 10,6 pour cent sa participation dans l’entreprise en janvier. La firme new-yorkaise pourrait solliciter des changements au sein du conseil d’administration ou de la direction de l’entreprise.

Une vente partielle ou totale de la société pourrait également être exigée par cet actionnaire, a-t-il indiqué dans un document déposé auprès des autorités réglementaires.

M. Johnston n’a pas voulu commenter directement, mais a affirmé que les efforts d’Aimia visant à repositionner Aéroplan et simplifier le modèle d’affaires allaient se traduire par des résultats pour les actionnaires.

Par action, la perte nette d’Aimia au trimestre terminé le 31 décembre s’est chiffrée à 1,44 $. À la même période l’an dernier, l’entreprise avait perdu 57,2 millions $, ou 40 cents par action.

Une charge de dépréciation de 180,5 millions $ a été comptabilisée à la suite de la vente récente du programme Nectar au détaillant britannique Sainsbury, l’un des partenaires fondateurs du programme en 2002, pour 105 millions $.

De leur côté, les revenus se sont chiffrés à 398,6 millions $ au quatrième trimestre alors qu’ils avaient été de 440,1 millions $ lors de la même période en 2017.