Les premiers branchements liés au projet « Fibre Papineau » devraient finalement se concrétiser au printemps prochain.

L’accès à internet haute vitesse, une priorité pour la MRC de Papineau

Ottawa doit simplifier ses programmes de subvention afin d’accélérer le branchement des communautés rurales à Internet haute vitesse et à la téléphonie cellulaire. C’est l’item qui figure au haut de la liste d’épicerie de la MRC de Papineau dans le cadre de la campagne électorale fédérale.

Le préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, est catégorique : tous les foyers du territoire de la Municipalité régionale de comté, laquelle se trouve à l’intérieur de la circonscription d’Argenteuil-La Petite-Nation, doivent être branchés au réseau de fibre optique le plus rapidement possible et le prochain gouvernement fédéral devra tout faire en son pouvoir pour exaucer cette demande.

En décembre 2017, Québec et Ottawa avaient annoncé, de concert, un investissement total d’un peu plus de 8 millions de dollars dans le but de brancher au-delà de 5000 foyers de la Petite-Nation et de la Lièvre à Internet haute vitesse. Près de deux ans plus tard, les résultats de cette annonce se font toujours attendre et les premiers branchements liés au projet « Fibre Papineau » devraient finalement se concrétiser au printemps prochain. 

« C’est un engagement qui a été pris autant par le fédéral que le provincial. Maintenant, on s’attend à ce que les programmes soient bonifiés pour nous donner l’opportunité de réaliser le travail. C’est à nous à déposer les projets et à déployer la fibre optique un peu partout sur le territoire de la MRC, mais les programmes sont extrêmement complexes. Il faut assouplir les règles. La reddition de comptes coûte cher. Avec la lourdeur du processus, on a perdu un an juste à répondre aux demandes des ministères », plaide le préfet Lauzon.

En plus des délais encourus, les villages de Val-des-Bois et Bowman, qui devaient initialement bénéficier de la subvention, ne seront pas raccordés au réseau lors de la première phase de « Fibre Papineau », souligne M. Lauzon, puisque le dossier a été révisé par les gouvernements.

« C’est un non-sens. Ce secteur-là aurait dû faire partie du projet. Avoir des programmes basés sur le nombre de citoyens qu’on branche, c’est irresponsable quand on veut brancher les régions du territoire du Québec. Quand on travaille à l’intérieur des périmètres urbains, c’est une chose, mais quand on sort de cette zone, le gouvernement doit tenir compte du territoire à desservir si on a des kilomètres et des kilomètres à faire pour le branchement », note le préfet, qui est aussi maire de Thurso.

L’environnement et la pénurie de main-d’œuvre

Le prochain gouvernement élu à la Chambre des communes devra aussi tabler sur l’environnement. La MRC de Papineau réclame notamment « une stratégie fédérale de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui fait une place importante aux municipalités » et des investissements massifs dans la « mobilité durable ».

« C’est une priorité d’avoir de l’accompagnement du gouvernement pour aider les municipalités à mettre en place des projets qui sont dédiés à l’environnement et à lutte contre les changements climatiques, ajoute M. Lauzon. Changer les flottes de véhicules pour aller vers l’électrique est un exemple de mesure que nous les municipalités on peut prendre, mais qui coûte cher. On parle de mettre en place un système de transport en commun qui sera déposé en 2021 pour la MRC de Papineau, mais ça nous prend l’aide financière du fédéral pour arriver à lancer ce type de projet », résume M. Lauzon.

Du côté de la Chambre de commerce Vallée de la Petite-Nation, qui regroupe environ 160 membres, c’est la pénurie de main-d’œuvre qui figure au sommet des enjeux à attaquer de front par le palier fédéral.

« On a un enjeu majeur de pénurie de main-d’œuvre. Nos gens sont épuisés parce qu’on manque de personnel. On doit offrir à nos entreprises des programmes qui pourraient aider à obtenir des ressources, soient régionales, nationales ou même internationales. Il faut que le gouvernement fasse mieux connaître ses programmes sur le territoire et que le pont soit plus facile avec les entrepreneurs », fait valoir la présidente de l’organisation, Mélanie Hotte.