La vigueur de l'économie aide Metro à atténuer les effets de la concurrence

MONTRÉAL - Metro estime que la bonne performance de l’économie et la faiblesse du taux de chômage incitent plus de consommateurs à faire leurs emplettes dans les supermarchés complets, ce qui aide la chaîne d’alimentation à atténuer les effets de la vive concurrence du côté des épiceries à rabais.

Au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre, mardi, le président et chef de la direction de l’entreprise québécoise, Eric La Flèche, s’est montré satisfait de la performance de l’enseigne Metro.

«La vigueur de l’économie au Québec en Ontario, combinée à une faible inflation dans le secteur de l’alimentation, sont des éléments qui favorisent les supermarchés», a-t-il expliqué aux analystes financiers.

Pour la période de trois mois terminée le 17 mars, la troisième chaîne de supermarchés en importance au pays a affiché un bénéfice net de 106,9 millions $, ou 47 cents par action, en recul de 19,3 % par rapport au deuxième trimestre de l’exercice précédent.

La société a relativisé ce résultat, l’attribuant entre autres au décalage de la semaine précédant Noël, qui était incluse dans le premier trimestre cette année, contrairement à l’an dernier.

De plus, Metro n’a pu compter sur son placement dans Alimentation Couche-Tard étant donné que l’épicier a liquidé la quasi-totalité de sa participation dans l’exploitant de dépanneurs et de stations-service dans le but de financier l’acquisition de Jean Coutu.

De son côté, le chiffre d’affaires trimestriel est demeuré stable, à environ 2,9 milliards $.

Les ventes des établissements ouverts depuis au moins un an - un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail - ont fléchi de 1,2 %. Elles sont toutefois en hausse de 1 % en excluant le décalage de la période des Fêtes.

Par ailleurs, bien qu’il soit difficile de quantifier l’impact des cartes de 25 $ offertes par Loblaw à la suite d’une affaire de fixation des prix du pain, M. La Flèche a concédé que cette initiative avait influencé le comportement des consommateurs.

«Comme concurrents, nous allons défendre nos parts de marché, a-t-il dit. Mais de dire que (les cartes de 25 $) n’ont eu aucun impact, ça serait de pousser les choses. De dire à quel point cela a eu un effet, c’est difficile à dire.»

À plusieurs reprises, Metro a dit n’avoir rien à se reprocher dans le cadre de l’enquête du Bureau de la concurrence ayant incité Loblaw à admettre qu’elle avait participé à un stratagème de fixation des prix du pain pendant 14 ans.

Intégration en vue

Parallèlement, Metro se prépare à absorber le Groupe Jean Coutu après que le Bureau de la concurrence du Canada eut donné son feu vert à condition que l’épicier se déleste de 10 pharmacies dans huit municipalités québécoises.

«Nous aurions aimé conserver toutes les pharmacies, a dit M. La Flèche. Mais je suis satisfait du résultat. Nous allons nous assurer que nos franchisés seront traités correctement. Il n’y aura pas d’interruption de service.»

La clôture de cette transaction de 4,5 milliards $ annoncée en octobre dernier est prévue le 11 mai.

L’entreprise issue de ce mariage entre les deux fleurons québécois générera des ventes annuelles d’environ 16 milliards $ et exploitera plus de 1300 supermarchés et pharmacies au Québec, en Ontario ainsi qu’au Nouveau-Brunswick.

En vertu de la clôture de la transaction, la chaîne de pharmacies québécoises cessera de divulguer ses résultats financiers, qui seront intégrés aux états financiers de Metro.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté de l’épicier québécois a été de 108,1 millions $, ou 47 cents par action, alors qu’il avait été de 113,9 millions $, ou 48 cents par action, lors du deuxième trimestre l’an dernier.

La performance trimestrielle de Metro s’est néanmoins avérée conforme aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un bénéfice ajusté de 47 cents sur des revenus de 2,9 milliards $.