La plateforme en ligne Quadriga, lancée en 2013, est devenue l’une des plus importantes au Canada, avec 363 000 clients, et permettait de négocier et de stocker des actifs numériques comme des Bitcoin, des Litecoin et des Ethereum.

La veuve du fondateur de Quadriga rendra la plupart de ses actifs

TORONTO — La veuve du fondateur de QuadrigaCX a accepté de rendre la plupart de ses actifs dans le cadre d’un règlement compris dans la procédure de faillite pour l’ancienne plateforme de cryptomonnaies.

En vertu du règlement, Jennifer Robertson et la succession de son défunt mari, Gerald Cotten, doivent restituer environ 12 millions $ d’actifs pour aider à rembourser les utilisateurs de la plateforme. Ces actifs comprennent des propriétés en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique, un petit avion, des «véhicules luxueux», un voilier, des investissements et des espèces, ainsi que des pièces d’or et d’argent.

Ces fonds ne représentent qu’une fraction des 214,6 millions $ d’argent et de cryptomonnaies réclamés par quelque 76 000 utilisateurs non garantis à la suite de l’effondrement de la plateforme dans la foulée du décès de M. Cotten, en décembre.

La plateforme en ligne, lancée en 2013, est devenue l’une des plus importantes au Canada, avec 363 000 clients, et permettait de négocier et de stocker des actifs numériques comme des Bitcoin, des Litecoin et des Ethereum.

La plateforme était déjà confrontée à des problèmes de liquidités avant le décès de M. Cotten, qui en était le chef de la direction et l’unique administrateur. Cependant, ses employés ont constaté qu’ils étaient incapables de localiser ou d’avoir accès à la plupart des actifs de cryptomonnaie après son décès.

Une enquête menée par le contrôleur des créanciers, Ernst and Young, a révélé que les rapports financiers de la plateforme étaient erronés et que des volumes importants de cryptomonnaie avaient été transférés dans des comptes personnels contrôlés par M. Cotten. La firme a en outre constaté que les pertes de négociation et les frais de ces comptes affectaient les réserves de QuadrigaCX, tandis que M. Cotten créait également de faux comptes sur QuadrigaCX afin de gonfler les chiffres des revenus.

Mme Robertson a affirmé dans un communiqué qu’elle ne savait pas comment son mari exploitait l’entreprise et qu’elle ignorait qu’il s’appropriait des fonds des utilisateurs.

«Je ne savais pas comment Gerry dirigeait l’entreprise avant son décès et je n’étais pas au courant de ses actions inappropriées dans la gestion de l’entreprise QuadrigaCX.»

Les actifs remis par Mme Robertson s’ajouteront aux quelque 32 millions $ déjà récupérés par Ernst and Young, l’administrateur de la faillite de QuadrigaCX.

Mme Robertson conservera environ 90 000 $ en espèces, un véhicule automobile Jeep, des bijoux et du mobilier dans le cadre du règlement.

«Je crois que ce règlement est une solution juste et équitable pour QuadrigaCX et ses utilisateurs touchés. (...) En retour, ce règlement me permettra de passer au prochain chapitre de ma vie.»