La source de l'entreprise

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / À la source de toute entreprise, il y a une personne et une idée et les deux arrivent à se confondre pour créer une «âme» avec des valeurs, une culture, une façon de faire, une façon d'être. Au cours de son évolution, d'autres personnes s'ajoutent à l'entreprise, ces personnes apportent de nouvelles connaissances, de nouvelles compétences destinées à enrichir l'idée de base : «la source».
Le philosophe britannique Peter Koening a abondamment décrit cette réalité et offre des conférences dans tous les pays pour sensibiliser les entrepreneurs à cette notion. Sans la source, il n'y a pas d'entreprises possibles. Cette notion est encore plus importante dans un contexte de relève parce que si l'entreprise doit être dirigée par d'autres personnes, elle ne doit pas être coupée de sa source.
Le rêve initial
Plus qu'un transfert de propriété ou un transfert de direction, la relève entrepreneuriale est un transfert de la source, de «l'idée», du rêve initial. S'il est évidemment utile de prendre en compte la valeur financière de l'entreprise, il est essentiel de comprendre sa valeur intrinsèque puisque la tâche première des repreneurs sera d'assimiler la «source» et de poursuivre l'idée de façon différente.
Transfert de l'âme
C'est seulement si les repreneurs s'abreuvent à la source que le fondateur se sentira prêt à abandonner la direction et à céder des pouvoirs. On entend souvent dire que les fondateurs ne veulent pas quitter, mais c'est faux puisqu'ils tentent de transmettre un «feu sacré» que les repreneurs ont du mal à saisir. Lorsque ce transfert de «l'âme» de l'entreprise est assuré, les repreneurs pourront transformer les produits, les marchés, la gestion, et les chances de pérennité seront alors bonnes. Le Mouvement Desjardins s'est transformé complètement, mais la source , Alphonse Desjardins, est toujours présente.
Partager son rêve
Le rôle principal d'un accompagnateur dans un processus de relève consiste à amener le repreneur à sentir la force du rêve initial, à la comprendre et à la faire sienne. Il est évidemment essentiel que le fondateur prenne aussi conscience de son identité de «fondateur», qu'il puisse lui-même s'identifier à une «source», qu'il soit capable de verbaliser les émotions qui y correspondent et qu'il parvienne à partager son rêve. Ce qui n'est pas évident.
Claude Savoie est président de Dixit Coaching, membre du Groupe Relève Québec et Mentor (Diamant) pour le réseau M de la Fondation de l'entrepreneurship.