La SAQ envisage d'autres mises à pied

La Société des alcools du Québec (SAQ) souhaite améliorer ses services la fin de semaine. Pour y arriver, elle envisage des mises à pied si le syndicat refuse de négocier, a appris Le Soleil.

Suite aux rapports de la vérificatrice générale en 2016, la SAQ souhaite maintenant rééquilibrer les heures attribuées à ses employés par rapport à l’achalandage dans ses magasins. Selon nos informations, la société d’État veut entre autres transférer certains postes du mardi et du mercredi vers la fin de semaine afin de mieux répondre à la clientèle. Il s’agit d’une demande évoquée par l’employeur dans le cadre des négociations avec le Syndicat des employés de magasins et de bureaux (SEMB).

Rappelons que les 5500 employés de magasins et de bureaux de la SAQ sont sans convention collective depuis le 31 mars. Et les négociations sont présentement suspendues jusqu’en janvier.  

«La SAQ souhaite transférer les postes la fin de semaine, sinon, elle affirme qu’elle va devoir couper des heures. Cela pourrait aller jusqu’à 306 postes réguliers», a indiqué une source au Soleil. Depuis 18 mois, la société d’État a coupé environ 280 postes à travers son réseau ainsi qu’à son siège social. «Mais nous sommes en négociations, nous ne savons pas encore le résultat final», poursuit-elle. Au total, la SAQ souhaiterait abolir 221 000 heures les mardis et mercredis. 

Dans le rapport de la vérificatrice générale Guylaine Leclerc, on recommande à la société d’État d’évaluer la possibilité de maximiser l’utilisation de ses effectifs dans les succursales en tenant compte de l’achalandage. «Il y a un déséquilibre entre l’achalandage dans les succursales de la SAQ et les heures travaillées par les ETC [nombre d’équivalents temps complet]. La prise en compte de l’achalandage par rapport aux heures travaillées pourrait diminuer les coûts et augmenter les ventes», peut-on lire.

Lors de l’exercice financier 2014-2015, sans la période des Fêtes, pour les mardis et les mercredis, la SAQ a enregistré respectivement des ventes brutes de 221 millions $ et de 277 millions $. La fin de semaine, ces chiffres bondissent à 680 millions $ les vendredis et 682 millions $ les samedis. 

«En 2014-2015, les journées du jeudi au dimanche représentaient 75 % de l’ensemble des ventes et 76 % de l’achalandage de l’année, alors que les heures travaillées équivalaient à 63 %. La relation était inverse du lundi au mercredi : 37 % des heures travaillées étaient concentrées sur cette période, même si les ventes ne représentaient que 25 % et l’achalandage, 24 %. Ainsi, il n’y avait pas d’adéquation entre les heures travaillées et les ventes pour certains jours de la semaine, ce qui peut avoir un impact sur la performance de la SAQ», mentionne le document.

Moyens de pression

Depuis plusieurs semaines, afin de faire pression sur la direction de la société d’État, plusieurs employés de la SAQ ne portent plus les vêtements traditionnels.

Joint par Le Soleil, le Syndicat des employés de magasins et de bureaux n’a pas voulu commenter le dossier. Toutefois, dans une lettre en 2016, après la diffusion du rapport, l’exécutif du SEMB SAQ (CSN) avait indiqué «qu’il faut comprendre le fonctionnement d’un magasin de détail et regarder comment se passent les opérations en dehors des livres comptables».

«Le début de semaine est essentiellement dédié à la réception et la mise en tablette des marchandises, à la mise en place des promotions, la gestion des étalages, les changements de prix, la prise d’inventaire et la planographie. Ces tâches ne pourraient aucunement être effectuées dans les zones de grand achalandage, cela nuirait à la fluidité des opérations, de la circulation dans les allées et au service-conseil».

La direction de la SAQ n’a pas voulu émettre de commentaire. Le 14 novembre dernier, le président Alain Brunet affirmait lors d’une entrevue qu’«en gros, les coupes d’employés à la SAQ, c’est derrière nous. Ce qu’il reste maintenant, c’est d’installer la culture d’amélioration continue».