Selon la démographe Anne Binette-Charbonneau, ce sont les populations plus jeunes qui ont tendance à faire des «mouvements migratoires».

La population en hausse dans 14 des 17 régions du Québec

MONTRÉAL — La population a augmenté dans presque toutes les régions du Québec, ces dernières années, particulièrement à Montréal, dans Lanaudière et dans les Laurentides, indique le plus récent Panorama des régions de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Et, à l’inverse, trois régions ont vu leur population décroître de 2016 à 2018: un peu pour la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, un peu pour le Bas-Saint-Laurent, mais passablement pour la Côte-Nord.

Dans le cas de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent, on peut y voir un lien avec une population plus âgée. «Ce sont des régions parmi les plus âgées du Québec. Ce sont des régions dont la population de 65 ans et plus est autour de 25 %. Il y a aussi la Mauricie qui est dans ces eaux-là», a souligné en entrevue lundi Anne Binette-Charbonneau, démographe à l’ISQ.

Elle rappelle aussi que ce sont les populations plus jeunes qui ont tendance à déménager pour les études, pour le travail, à faire ce que les démographes appellent des mouvements migratoires.

«Une population plus âgée signifie plus de décès que de naissances et, également, souvent ce sont les jeunes qui sont plus prompts à faire des mouvements migratoires», ce qui peut amener une baisse de la population d’une région donnée.

La Côte-Nord a d’ailleurs subi un tel phénomène de «migration interne» ou interrégionale, au cours des dernières années, puisque la situation de l’emploi y est moins bonne qu’avant.

Les plus fortes croissances de la population ont été enregistrées à Montréal, dans Lanaudière et dans les Laurentides entre 2016 et 2018. Les données provisoires font état d’un accroissement annuel moyen supérieur à 10 pour 1000, soit 1 %.

Montréal «unique»

Contrairement à une certaine croyance populaire, Montréal ne compterait pas tant de personnes âgées.

«Au niveau de la structure par âge, Montréal est vraiment unique dans l’ensemble du Québec. C’est parmi les régions qui ont le moins de jeunes, de 0-19 ans, le moins de personnes de 65 ans et plus, mais de loin la région qui a le plus de 20-64 ans. C’est vraiment là le bassin, le gros de la structure par âges: ce sont les 20-64 ans. Et ce sont même plutôt les 20-44 ans, plus que les plus âgés de ce groupe-là», a précisé Mme Binette-Charbonneau.

L’immigration internationale, plus importante à Montréal, explique en partie le phénomène, de même que les jeunes qui viennent des autres régions du Québec pour les études supérieures et pour l’emploi, a expliqué la démographe.

Un autre phénomène se confirme: la jeunesse de la population du Nord-du-Québec. «La proportion de 65 ans et plus y est à peine de 8 %», a noté Mme Binette-Charbonneau.

En 2018, l’âge moyen au Québec était de 42,3 ans. En Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, il est de 48,2 ans, soit l’âge le plus élevé du Québec.

Emploi

De même, de 2008 à 2018, la croissance de l’emploi s’est surtout manifestée à Laval, dans les Laurentides, à Montréal et dans Lanaudière. Ces régions ont toutes connu une croissance de l’emploi supérieure à 12 % pendant cette décennie.

La Montérégie et l’Abitibi-Témiscamingue suivent, avec 11 et 11,5 %.

À l’opposé, le Saguenay-Lac Saint-Jean, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et le Bas-Saint-Laurent ont connu pendant cette décennie une baisse de l’emploi variant de 1 % à 4,2 %.

De façon générale, en 2018, on dénombrait 379 500 emplois de plus qu’en 2008 dans l’ensemble du Québec. Ce sont surtout des emplois à temps plein qui ont été créés et dans le secteur des services.