La dernière étude de l’Institut de la statistique du Québec sur le portrait des emplois moins qualifiés démontre, en fait, que le nombre d’emplois moins qualifiés a crû de 1998 à 2017, mais que la proportion est moindre comparativement à l’ensemble des emplois.

La part des emplois moins qualifiés est en baisse sur 20 ans au Québec

MONTRÉAL - La part des emplois moins qualifiés dans l’ensemble des emplois est moindre qu’avant au Québec. Et ce sont les femmes qui ont le plus profité de l’amélioration de la situation.

La dernière étude de l’Institut de la statistique du Québec sur le portrait des emplois moins qualifiés démontre, en fait, que le nombre d’emplois moins qualifiés a crû de 1998 à 2017, mais que la proportion est moindre comparativement à l’ensemble des emplois.

Les emplois qualifiés sont définis comme ceux qui exigent une formation collégiale technique ou supérieure, alors que les emplois moins qualifiés sont ceux qui supposent une formation moindre.

Ainsi, de 1998 à 2017, le nombre d’emplois moins qualifiés est passé de 1 775 000 à 2 103 000. Mais comme le nombre d’emplois qualifiés a augmenté de façon plus importante que les emplois moins qualifiés, la part des emplois moins qualifiés est passée de 65 à 57 pour cent du total des emplois, pendant la période.

«Ça va dans le sens de l’économie, qui exige des qualifications plus grandes, le développement des emplois exigeant une formation collégiale ou universitaire, soit dans le domaine de la santé, l’enseignement, les services professionnels, scientifiques et techniques», par exemple, a illustré en entrevue Luc Cloutier-Villeneuve, analyste en statistiques du travail à l’ISQ.

«Mais, en parallèle, il y a eu quand même, notamment dans le commerce de détail, dans la restauration, dans les services privés, des emplois qui ont crû. C’est pour ça qu’on montre que l’emploi moins qualifié est moins important aujourd’hui en proportion, mais il l’est plus en termes de volume. Et c’est un peu normal, parce que l’économie grandit, la population s’accroît aussi, donc les volumes tendent à augmenter», a-t-il expliqué.

Conditions

Fait à noter, bien qu’on parle d’emplois moins qualifiés, ceux-ci peuvent tout de même commander une rémunération intéressante, comme c’est le cas dans l’industrie de la construction, a relevé M. Cloutier-Villeneuve.

Mais, en général, le fait d’occuper un emploi moins qualifié entraîne aussi des conditions de travail moindres, comme moins d’autonomie au travail, moins de jours de vacances, moins de congés de maladie payés et moins souvent de régime de retraite, a-t-il signalé.

Femmes, jeunes et salaire

Ce sont les femmes qui ont le plus profité de l’amélioration de la situation et c’est parce qu’elles sont plus scolarisées qu’avant, donc qu’elles occupent des emplois plus qualifiés, avec de meilleures conditions de travail.

Ainsi, pendant cette période, les femmes ont connu une baisse de leur part dans l’emploi moins qualifié. Celle-ci est alors passée de 62 pour cent en 1998 à 50,8 pour cent en 2017. À titre de comparaison, celle des hommes n’a diminué que de trois points de pourcentage.

Les jeunes de 15 à 24 ans sont quant à eux surreprésentés dans les emplois moins qualifiés, puisqu’ils sont encore souvent aux études.

Les travailleurs de 55 ans et plus sont également touchés. La part de l’emploi moins qualifié s’est accrue dans cette catégorie d’âge de 1998 à 2017.

En 2017, l’emploi moins qualifié commandait une rémunération moyenne de 19,52 $ l’heure, comparativement à 32,24 $ pour l’emploi qualifié. En 1998, l’emploi moins qualifié offrait un salaire horaire moyen de 12,75 $ et l’emploi qualifié de 20,45 $.