Les agents de sécurité doivent notamment questionner les gens sur leur état de santé, s’assurer qu’ils se lavent les mains, faire respecter la capacité maximale d’un établissement, et intervenir lorsque deux personnes n’observent pas une distance de deux mètres entre elles.
Les agents de sécurité doivent notamment questionner les gens sur leur état de santé, s’assurer qu’ils se lavent les mains, faire respecter la capacité maximale d’un établissement, et intervenir lorsque deux personnes n’observent pas une distance de deux mètres entre elles.

La pandémie cause une forte hausse de la demande pour des agents de sécurité

La pandémie de la COVID-19 a suscité une énorme demande pour les agents de sécurité, dont les descriptions de poste ont été élargies.

La section locale 333 des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce dit que 1500 emplois en sécurité sont disponibles dans l’immédiat en Ontario. Ce sont dans plusieurs cas des emplois bien rémunérés.

Le secrétaire-trésorier du syndicat, Jeff Ketelaars, dit toutefois que les candidats ne peuvent pas passer de tests pour obtenir un permis, étant donné la fermeture des bureaux du gouvernement.

Il a écrit au premier ministre Doug Ford pour lui demander une solution de rechange comme un système en ligne temporaire, mis en place au Québec.

«Il y a beaucoup de Canadiens qui préféreraient aider la collectivité et protéger leurs quartiers et leurs proches, au lieu de rester à la maison», a déclaré M. Ketelaars.

Il a ajouté que d’autres membres du syndicat mis à pied par l’établissement où ils travaillaient veulent intégrer le secteur de la sécurité mais ne le peuvent pas, tant que la question des permis n’est pas réglée.

M. Ketelaars reconnaît toutefois que les agents ne gagnent souvent que le salaire minimum et que dans bien des cas, ce n’est pas avantageux de rechercher ces emplois, car l’aide financière d’Ottawa est équivalente.

Et la pandémie a accru le stress que vivent les agents, ajoute-t-il.


« Il y a eu des comportement absolument brutaux du public. Certains de nos membres ont été agressés au travail. »
Jeff Ketelaars, secrétaire-trésorier du syndicat

En Ontario, le syndicat est intervenu dans un cas où des agents ont été invités à retirer des corps d’un hôpital, car le personnel du salon funéraire ne voulait pas s’exposer au virus.

Scott Young, de Garda World, a dit que des agents ont informé la compagnie qu’ils ne se présentaient pas au travail, craignant pour leur sécurité. L’entreprise a travaillé à apaiser ces inquiétudes.

«Nous voyons ça de moins en moins. Les agents se mobilisent de façon importante à travers le pays», a déclaré M. Young, vice-président de Garda pour les Prairies.

M. Young a ajouté que son entreprise pressait ses clients de payer des primes salariales.

«Certains ont pu le faire, d’autres non, a-t-il dit. Nous faisons ce que nous pouvons pour soutenir le personnel de première ligne.»

M. Young a dit que les heures facturables de Garda ont augmenté de 25% depuis deux mois, car les besoins des commerces essentiels et des hôpitaux compensent de loin la demande à la baisse pour les événements spéciaux et les aéroports.

Au cours des deux derniers mois, Garda a embauché 2500 personnes, environ le double du chiffre habituel au cours de cette période.

M. Young souligne que la formation est un défi, car les cours de premiers soins, d’utilisation de menottes et d’intervention non violente sont donnés en personne.

Glen Kitteringham, un consultant en sécurité établi à Calgary, dit que les agents doivent patrouiller davantage autour de bâtiments vides, car il n’y a pas d’employés ou de visiteurs pour signaler quelque chose de suspect.

M. Kitteringham espère qu’on appréciera davantage le travail des agents de sécurité, qui se fait normalement dans l’ombre.

«Je souhaite une véritable reconnaissance de leur valeur et pas juste durant les urgences, quand il est évident qu’ils fournissent un service précieux.»

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LES AGENTS DE SÉCURITÉ REVIENNENT À LA CHARGE POUR RÉCLAMER UNE PRIME DE RISQUE

MONTRÉAL — Le syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, revient à la charge avec sa revendication d'une prime de risque pour les agents de sécurité, arguant qu'ils sont dorénavant investis de la responsabilité supplémentaire de faire respecter les consignes de distanciation sociale, en plus d'être particulièrement exposés à une contamination par le public.

Le syndicat qui représente plus de 15 000 agents de sécurité rappelle que ceux-ci sont postés dans les commerces essentiels, comme les épiceries et pharmacies, mais aussi les résidences pour personnes âgées, les hôpitaux et les centres de dépistage, par exemple.

Ils doivent notamment questionner les gens sur leur état de santé, s'assurer qu'ils se lavent les mains, faire respecter la capacité maximale d'un établissement, et intervenir lorsque deux personnes n'observent pas une distance de deux mètres entre elles.

Le président de la section locale 8922, Patrick Pellerin, avancent qu'ils sont donc «en première ligne», agissant comme un «filtre» face à un public de plus en plus impatient et parfois même agressif. Plusieurs centaines de ces syndiqués ont été placés en quarantaine ou ont reçu un diagnostic de COVID-19, rapporte-t-il.

«Si on n'était pas là comme premier filtre, j'aimerais bien savoir comment ça se passerait dans ces établissements-là», a lancé M. Pellerin, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne dimanche.

Les agents de sécurité constituent à ses yeux les grands oubliés des divers incitatifs offerts en temps de pandémie, accordés entre autres dans les domaines de la santé et de l'alimentation.

Le Syndicat des Métallos souligne qu'entre-temps, les agences privées font pourtant d'excellentes affaires, avec une hausse de la demande pour leurs services. Une pétition lancée en début de semaine dernière sur le site de l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'intervenir et de forcer la main des agences en instaurant une prime de haut risque rétroactive au 15 mars. La pétition cumulait plus de 3500 signatures en fin d'avant-midi, dimanche.

Les agents de sécurité sont rémunérés en vertu d'un décret de convention collective, ce qui implique qu'il concerne tant ceux qui sont syndiqués que ceux qui ne le sont pas. En vertu de ce décret, depuis décembre dernier, le salaire de base d'un agent de sécurité classe A est de 18,04 $ l'heure et de 18,29 $ pour un agent de classe B. La Presse canadienne