L'industrie automobile américaine est l’un des premiers secteurs exportateurs.

La guerre commerciale, une épine pour les constructeurs étrangers

NEW YORK - La probabilité d’une guerre commerciale et ses nouvelles taxes sur les importations de voitures entrevue au sommet du G7 samedi au Canada risque de perturber les constructeurs automobiles étrangers présents aux États-Unis, qui y importent un grand nombre de véhicules malgré leur forte implantation sur le sol américain.

La plupart des groupes automobiles étrangers, de Mercedes à BMW en passant par Nissan, Honda et Volkswagen, possèdent au moins une usine aux États-Unis où ils emploient des dizaines de milliers de personnes. Ils ont investi et continuent d’investir des milliards de dollars comme Toyota et Mazda qui ont annoncé en début d’année une cagnotte de 1,6 milliard pour un site d’une capacité de production de 300 000 voitures à partir de 2021 dans l’Alabama (sud).

Marché automobile américain

En 2017, environ 17,23 millions de véhicules ont été vendus aux États-Unis, selon le cabinet AutoData, qui compile les données des constructeurs et des concessionnaires.

Près de 8,7 millions de ces voitures ont été importées, estime le Center For Automotive Research, principalement du Mexique et Canada (deux partenaires américains dans le cadre de leur traité de libre-échange ALÉNA) ainsi que du Japon.

Depuis le début de l’année, la part des voitures produites et vendues aux États-Unis est en baisse à 50,1 % contre 51,1 % à la même période en 2017, selon le cabinet Edmunds.com.

Au moins 82 % des véhicules écoulés par Volkswagen étaient importés, selon Edmunds, 55 % pour Toyota, 57 % pour Hyundai, 70 % pour Mercedes-Benz, 68 % pour BMW.

À l’inverse, plus de la moitié des voitures vendues aux États-Unis par le « Big Three » de Detroit ont été produites sur le sol américain : 80 % pour Ford, 60 % pour General Motors et 55 % pour Fiat Chrysler.

Honda est le seul constructeur étranger produisant sur place une grande majorité (65 %) des voitures vendues aux Américains.

Le secteur automobile, un gros exportateur

L’industrie automobile américaine est l’un des premiers secteurs exportateurs, souligne l’American Automotive Policy Council, un lobby regroupant les grands constructeurs locaux (General Motors, Ford, Fiat Chrysler) et étrangers.

Les exportations automobiles ont quasiment doublé de 2009 à 2015, passant de 74,09 milliards de dollars à 137,66 milliards, avance l’AAPC, ce qui permet de soutenir 771 000 emplois aux États-Unis.

BMW et Daimler (Mercedes-Benz...) exportent particulièrement vers l’Union européenne et la Chine des voitures produites sur le sol américain.

BMW, qui a construit en Caroline du Sud (Spartanburg) « la plus grosse usine automobile au monde », a exporté 70 % des 371 284 véhicules fabriqués sur ce site en 2017, soit 272 346 pour une valeur totale de 10 milliards de dollars.

« BMW produit plus aux États-Unis qu’il n’importe », rappelle le constructeur, qui a vendu 305 685 véhicules l’an dernier sur le sol américain.

Localisation et production

Toyota, qui emploie plus de 36 000 personnes, dispose de 10 usines implantées notamment en Alabama, Californie et au Mississippi et Texas. Il produit 1,20 million de véhicules et en vend 2,43 millions, selon des données de 2017.

Honda, qui emploie 4 000 personnes, dispose d’usines en Alabama, Géorgie, Indiana et dans l’Ohio et produit plus de 1,24 million de véhicules et en vend 1,64 million.

Volkswagen, qui dispose d’une usine d’une capacité de 150 000 unités dans le Tennessee, n’a pas dévoilé sa production et a vendu 339 679 véhicules. Il compte 2 444 employés.

Daimler (Mercedes-Benz) possède des usines en Alabama, Indiana, Caroline du Sud et compte 4 900 employés. En 2017, plus de 286 000 voitures ont été produites et 337 246 vendues.

Avec une usine en Caroline du Sud, BMW, qui emploie près de 9 000 personnes, a produit 371.284 en 2017 et vendu 305.685.

Avec deux usines dans le Mississippi et Tennessee, Nissan a produit 930 000 véhicules et en a vendu 1,59 million. Il compte 14 400 employés.

Audi et Porsche, des importateurs

Audi, le constructeur allemand filiale haut de gamme de Volkswagen, ne dispose d’aucune usine aux États-Unis et exporte par conséquent aux États-Unis toutes ses voitures. En 2017, il a vendu 226 511 véhicules.

Porsche, autre filiale de Volkswagen, ne dispose pas non plus de site de production américain bien qu’il ait vendu 55 420 véhicules aux États-Unis en 2017.